La Centrafrique redoute une troisième vague du Covid-19

Alors qu’un bateau étranger transportant des personnes contaminées au Covid-19 inquiète la Centrafrique, les autorités multiplient leurs efforts pour éviter une troisième vague.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
La RCA redoute une troisième vague de contaminations
La RCA redoute une troisième vague de contaminations

La Centrafrique risque gros. Le pays accueille, depuis quelques jours, une colonie de voyageurs positifs au Covid-19.  Le 9 octobre dernier, le directeur scientifique de l'Institut Pasteur de Bangui, Emmanuel Nakouné, a annoncé l'identification d'un nouveau variant, à Mongoumba, dans un bateau de fortune en provenance du Congo-Brazzaville.  Aux dernières nouvelles, 12 des 48 voyageurs étaient positifs au Covid-19.

Selon l'Agence Centrafricaine de Presse,"Emmanuel Nakouné a relevé qu'il y a un risque  de propagation de la maladie à partir de Mongoumba, mais le gouvernement va tout mettre en œuvre pour barrer la route à cette nouvelle vague".   

La vaccination patine

 Selon les chiffres dévoilés par Emmanuel Nakouné, plus de 60.000 personnes ont été testées depuis l'apparition du Covid-19. Près de 11.500 prélèvements ont été déclarés positifs, dont au moins 100 décès. Des chiffres sans doute sous-estimés qui n'encouragent pas les Centrafricains à se faire vacciner. Quelques mois après le lancement de la campagne de vaccination anti-Covid, moins de 10.000 personnes ont reçu les deux doses d'un vaccin contre le coronavirus, soit moins de 0,2% de la population. Pourtant, la Centrafrique multiplie ses efforts pour juguler la pandémie. Les autorités n'ont pas hésité à construire et équiper des structures sanitaires pour faire mentir la réputation des hôpitaux publics.

En février dernier, le Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui (CNHUB) s’est doté de son premier centre de dépistage du Covid-19. “C’est en faisant plus de dépistages, que l’on saura quels sont les variantes du Covid-19 qui circulent dans le pays, en vue d’orienter le choix du vaccin qui convient le mieux“, expliquait à l'époque le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somsé. Mais à l'heure où l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que six infections sur sept ne sont pas détectées en Afrique, il reste encore beaucoup à faire.