Le Cameroun interdit la chicha

Le ministre camerounais de l’administration territoriale interdit la commercialisation et la consommation de la chicha, à la suite de rapports alarmants des services de santé sur la dangerosité du narguilé.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
Le Cameroun interdit la chicha

Clap de fin pour la chicha. Contrairement à sa cousine la cigarette, le narguilé dégage souvent un parfum fruité. Mais ne vous fiez pas aux apparences, fumer la pipe à eau est bien plus nocif que la cigarette. C'est ce qui ressort d'une étude d'une ministère de la Santé et du Comité national de la lutte contre la drogue. 

Face à cette situation, les autorités camerounaises ont décidé d'interdire la consommation et la commercialisation de la chicha dans tout le pays. 

Une toxicité minimisée à tort

La chicha est un mode de consommation du tabac. On retrouve la toxicité du tabac, notamment parce qu'il s'agit d'inhaler de la fumée. S'il est difficile de donner un chiffre exact d'équivalence cigarettes / chicha, on peut dire qu'une séance de chicha équivaut au moins à un paquet de cigarettes fumé.

Que ce soit au Cameroun ou ailleurs, la plupart des fumeurs de chicha, souvent des non-fumeurs, minimisent la toxicité de ce qu'ils inhalent. Il s'agit pourtant bien de tabac ! Son aromatisation sucrée et l'humidification de la fumée la rendent certes moins irritante qu'une fumée de cigarette, mais ce n'est qu'une question de sensation. 

Plus nocive que la cigarette ?

On pense aussi souvent que la fumée est filtrée par l'eau. Or, si on prend par exemple les métaux lourds présents dans la fumée, une étude a montré que seuls 3% sont retenus dans l'eau, les 97% restants demeurent donc dans la fumée pour être inhalés par le fumeur et les personnes présentes dans son environnement proche ou dans la pièce... On y retrouve aussi les substances cancérigènes, le monoxyde de carbone - un gaz toxique pour l'organisme sur le plan cardiovasculaire - comme tout tabac fumé. 

Et depuis quelques années, la cousine de la cigarette séduit de plus en plus de jeunes camerounais. A tel point que la Coalition Camerounaise contre le Tabac (C3T) n'a pas hésité à tirer la sonnette d'alarme. "Les jeunes sont en train de s’y mettre. C’est devenu un phénomène de mode. Le danger est qu’ils ne le savent pas", estimait il y a quelques mois Judith Chekumo, secrétaire exécutive du C3T. La pneumologue Doris Nguenang nous a aussi expliqué que la consommation de narguilé pouvait entrainer d’arrêts cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).