Pourquoi certains vaccins contre Ebola ne sont-ils pas efficaces ?

Les vaccins actuels se révèlent être inefficaces contre la souche soudanaise du virus qui sévit actuellement en Ouganda et fait de plus en plus de morts.

Muriel Kaiser
Rédigé le , mis à jour le
Un vaccin contre Ebola
Un vaccin contre Ebola  —  Shutterstock

C'est une annonce inquiétante pour tous les pays menacés par Ebola. Alors que les vaccins permettent de prévenir les épidémies d’Ebola, il n’existe pour l’heure aucun vaccin efficace contre la souche dite "soudanaise" du virus.  

Une épidémie d’Ebola est en pleine progression en Ouganda. Elle a déjà fait 29 morts, dont quatre agents de santé. Or "les vaccins utilisés avec succès pour enrayer les récentes épidémies d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ne sont pas efficaces contre le type de virus Ebola responsable de cette épidémie", a déclaré le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

"Cependant, plusieurs vaccins sont à différents stades de développement contre ce virus, dont deux pourraient commencer les essais cliniques en Ouganda dans les semaines à venir, en attendant les autorisations réglementaires et éthiques du gouvernement ougandais", a ajouté le directeur de l’OMS. 

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Des vaccins en cours de développement

Soumya Swaminathan, scientifique en chef de l'OMS, a expliqué qu'il existe environ six vaccins candidats contre la souche soudanaise du virus Ebola, "pour la plupart à des stades très précoces de développement". 

"Mais trois d'entre eux ont fait l'objet de données sur l'homme, sur l'immunogénicité et la sécurité des données, et peuvent donc être utilisés sur le terrain dans le cadre d'une campagne de vaccination en anneau, comme cela a été fait pour l'épidémie d'Ebola en RDC il y a quelques années"
, a-t-elle indiqué.  

La souche soudanaise qui sévit actuellement est "relativement rare". En Ouganda, elle n'avait plus été signalée depuis 2012. Selon le bureau régional de l'OMS, bien qu'il n'existe aucun traitement spécifique contre cette souche, l'identification des cas et le traitement précoces des symptômes augmentent considérablement les chances de survie.