Pass sanitaire ou vaccinal : Dans quels pays africains est-il obligatoire ?

Alors que la vaccination anti-Covid avance timidement en Afrique, de nombreux pays du continent conditionnent l’accès à des activités et à des loisirs à la présentation d’un pass sanitaire ou vaccinal.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le
Le pass vaccinal cristallise les tensions au Maroc
Le pass vaccinal cristallise les tensions au Maroc  —  DR

Il n’est pas vraiment le même partout ! Le pass sanitaire ou vaccinal commence à s'imposer dans les quatre coins de l'Afrique. Depuis que la Chine a été le premier pays au monde à lancer un "passeport numérique" en mars dernier, de nombreux pays africains lui ont emboîté le pas. Mais il ne s'agit pas toujours du même document ni de la même appellation. 

Pas de pass, pas d'accès

Au Maroc, le pass vaccinal est exigé dans les transports, les administrations, les commerces, les établissements touristiques et hôteliers, les restaurants, les cafés, les espaces clos, les salles de sport et les hammams. Au Gabon, ce document anti-Covid entre en vigueur dès ce 15 décembre. En Afrique du Sud, pays africain le plus endeuillé par le Covid-19, il devrait être présenté dans les prochains jours. 

Quant au pass sanitaire, il est demandé au Togo pour accéder aux administrations publiques, aux hôpitaux, aux banques ou aux universités. En Tunisie, il est nécessaire pour se rendre aux lieux et espaces fixés dans un décret présidentiel. Au Congo-Brazzaville et en Guinée, il est exigé à l’entrée de certains établissements publics, dont notamment les ministères. En Algérie, le ministère de la Santé plaide pour le rendre obligatoire. En Côte d'Ivoire, il permet à une personne de voyager ou d’accéder à un lieu recevant du public. Aux Comores et au Cameroun, il ne dit même pas son nom. Mais de nombreux services réclament une preuve de vaccination ou un test PCR de 72h maximum sous peine d'interdire l'accès. Le projet d'un tel document est aussi actuellement à l'étude au Sénégal. 

Des manifestations anti-pass qui se multiplient

Un peu partout, les gouvernements et les autorités évoquent la virulence du variant Delta du coronavirus - qui a été signalé dans 41 des 54 pays du continent - pour expliquer l’adoption dudit pass. Mais cet argument ne passe pas. Au Maroc, ce document anti-Covid suscite beaucoup de résistance. Depuis son instauration le 21 octobre dernier, il a été à l'origine de nombreuses manifestations dans les quatre coins du Royaume. Même son de cloche en Tunisie où le mouvement anti-pass sanitaire prend de l'ampleur. A Lomé, des milliers de Togolais n'hésitent pas aussi à dénoncer cette mesure qui rend obligatoire la vaccination contre le Covid-19. 

Pour l'heure, l'instauration de ces différents pass n'a pas encore accéléré le rythme des vaccinations. A ce stade, environ 80 millions de personnes sont entièrement vaccinées en Afrique, soit à peu près 6 % de la population africaine. De quoi éloigner de nombreux pays de l'objectif clé de la vaccination anti-Covid.