L'Afrique veut mettre le tabac à terre

Si les politiques anti-tabac ont fortement augmenté ces dernières années en Afrique, de nombreux pays du continent tentent d'accélérer la lutte contre le tabagisme.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le
Au moins 18% des hommes du continent fument
Au moins 18% des hommes du continent fument  —  AJ Laing / Shutterstock

C'est l'une des causes majeures de décès. Chaque année, le tabagisme tue plus de 8 millions de personnes dans le monde. En Afrique, 18% des hommes du continent fument, loin derrière les 30% qui consomment au moins une cigarette par jour dans le monde. Et seulement 3% des Africaines s'en grillent une régulièrement, d'après les dernières estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais voilà, des enquêtes ont révélé que les cigarettes produites pour la population africaine sont plus chargées en substances nocives et addictives que celles qui circulent en Europe. Et comme si ce n'était pas assez, le nombre de fumeurs continue de grandir. 

Dans la Région africaine de l'OMS qui ne comprend pas le Maroc, la Tunisie, le Djibouti, le Soudan et la Somalie, on estime que près de 146.000 adultes âgés d'au moins 30 ans meurent chaque année de maladies liées à la consommation de tabac. Face à cette situation, l'Afrique essaie tant bien que mal de limiter la menace des cigarettes sur la santé publique"Des statistiques alarmantes indiquent que nous ne sommes pas en train de gagner la guerre contre les maladies évitables dues au tabagisme en Afrique", a souligné le professeur Emmanuel Nnadozie, président de l’African Capacity Building Foundation, à l'occasion de la première Conférence internationale africaine sur la lutte antitabac et le développement qui se déroule actuellement à Lusaka, en Zambie. 

Il reste encore beaucoup à faire

Le Pr Ndadozie a profité de cette conférence pour inviter tous les pays africains à rejoindre le Centre pour la lutte antitabac en Afrique (CLATA), le mouvement conjoint de lutte antitabac créé il y a 10 ans, basé à l’Université de Makerere (Ouganda). "Cet instrument renforcera significativement les capacités des cadres juridiques, la protection des politiques publiques contre les intérêts particuliers des l’industrie du tabac et enfin, définit un programme de recherche clair pour la communauté africaine de lutte antitabac", précise le directeur du CLATA et président de la Conférence, Pr William Bazeyo. 

En marge de cet évènement, 44 des 47 pays de la région afro de l’OMS ont signé la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte contre le tabac avec des "engagements clairs", a-t-on appris. Mais il reste encore beaucoup à faire pour réduire l'impact du tabagisme en Afrique. Si 36 pays africains ont déjà restreint l’usage du tabac dans les lieux publics, une dizaine d'autres ne disposent d'aucune loi anti-tabac. Jusqu'à quand ?