Face au déficit de médecins, le Maroc teste un nouveau remède

Pour en finir avec le déficit des professionnels de la santé, le gouvernement marocain s'apprête à réduire le nombre d'années de formation des médecins.

Badr Kidiss
Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le
Le Maroc veut des études de médecine plus courtes
Le Maroc veut des études de médecine plus courtes  —  Dr

Sept, c'est trop ! Le Maroc veut des études de médecine plus courtes. Alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le Royaume chérifien devrait accroître ses ressources de 2,5 fois en 10 ans pour répondre à ses besoins, environ 1.900 nouveaux médecins sont diplômés chaque année. Face à cette situation, le ministère de la Santé a lancé une refonte du système de formations des médecins

Réduire la durée des études de base en médecine de sept à six ans passent de 7 à 6 ans. Pour les ministères de la Santé et de l'Education, cette solution permettra de "guérir" les déserts médicaux. Car au-delà de la réduction de la durée de la formation généraliste, les autorités veulent augmenter le nombre de places ouvertes aux concours d’entrée dans les facultés de médecine sur le sol marocain. 

Du côté des médecins, on soutient les ministres. "Si le parcours des six ans d'études prévoit les modules nécessaires et si le médecin complète sa formation par deux ans supplémentaires dans la médecine de famille, je ne vois pas d'inconvénients à la décision du ministère de tutelle", explique le Dr Jaâfar Heikel, professeur de médecine et docteur en économie de la santé, à nos confrères de L'opinion

Une "pénurie aigüe" de médecins

En début d'année, le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, alertait sur la “pénurie aigüe” de médecins et d’infirmiers que connaît le royaume. Selon les chiffres de son département, le Maroc a besoin de 32.000 médecins et de 65.000 infirmiers. 

Pour combler cette pénurie, la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD) a proposé, dans son dernier rapport, plusieurs leviers dont notamment : 

- L'accélération de la formation de “médecins de famille” (spécialité en 2 ans après la formation généraliste) 
- L’augmentation de la capacité publique de formation dans les différentes régions à travers le déploiement de nouveaux CHU et facultés de médecine
- L’augmentation de la capacité publique de formation dans les différentes régions à travers le déploiement de nouveaux CHU et facultés de médecine
- L’augmentation des postes budgétaires destinés au recrutement de médecins qui seront affectés dès l’ouverture à des régions spécifiques.