Au Burkina Faso, les médecins peuvent consulter leurs patients à travers une caméra et une plateforme de téléconsultation (photo d'illustration)
Au Burkina Faso, les médecins peuvent consulter leurs patients à travers une caméra et une plateforme de téléconsultation (photo d'illustration)

Face au Covid-19, la téléconsultation médicale gagne du terrain au Burkina Faso

Inexistante il y a encore quelques mois, la téléconsultation se répand doucement mais sûrement dans le milieu médical burkinabé.

Badr Kidiss
Rédigé le

Elle se banalise. La téléconsultation est une pratique qui est de plus en plus adoptée par les professionnels burkinabés de la santé. Il s'agit d'une consultation médicale à part entière mais réalisée de manière différente. Elle se base sur des outils qui permettent de réaliser les rendez-vous à distance, en vidéo. Au Burkina Faso, des techniques du ministère de l'Economique numérique ont développé une plateforme qui permet aux populations dans les régions de bénéficier de l'avis d'un spécialiste pour la prise en charge de leur maladie. 

"L’objectif, c’est d’améliorer l’offre de santé avec des outils conçus et développés par nous-mêmes", souligne Hadja Ouattara Sanon, ministre de l'Économie numérique, des postes et de la transformation digitale. Avant d'ajouter qu'"en visitant aujourd’hui les services de la pédiatrie, on a vu des enfants malades. La plupart d’entre eux viennent des communes. Ils auraient pu avoir un meilleur état de santé si dès la consultation dans leurs communes, ils avaient bénéficié de l’avis d’un spécialiste"

Prudence et sécurité

Suite à une première expérience de téléconsultation à Tenkodogo, le Ministre de la Santé, Pr Charlemagne Ouedraogo a expliqué que la téléconsultation permet de "combler un gap en ressources humaines qualifiées qui n’existent pas dans les régions sanitaires". Motivée par la crise sanitaire, cette pratique a aussi fait son apparition au CHR de Dori, grâce à la plateforme 100% burkinabée

Afin d'encourager les Burkinabés à recourir à à la téléconsultation, la ministre de l'Economie rappelle que "nous avons pris le soin que l’intégralité des données soit hébergée au Burkina et pour des raisons de respect de la vie privée, vous avez sans doute remarqué que pendant la téléconsultation on n’a pas vu le visage du patient". Mais encore faut-il que l'adoption de cette nouvelle pratique s'accompagne d’une formation des praticiens.