En RD Congo, une course contre la montre pour vaincre le choléra

Depuis le début de l'année, plus de 800.000 cas suspects de choléra et 150 décès ont été recensés dans 12 provinces de la République Démocratique du Congo. Pour inverser la tendance, vaccination et hygiène sont de mise. Les détails.

La rédaction d'Allo Docteurs Africa
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Campagne pour le vaccin oral contre le choléra à Goma, en RDC, avec le soutien de l'OMS et de Gavi
Campagne pour le vaccin oral contre le choléra à Goma, en RDC, avec le soutien de l'OMS et de Gavi  —  OMS / Eugene KABAMBI

La situation est inquiétante. "Dans la zone de santé de Lusambu, nous avions notifié 62 cas avec 18 décès, soit une létalité de 20%. Ça nous avait tiqué. Nous avons essayé de prélever six échantillons expédiés à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) avec l’appui financier de l’OMS. L’INRB confirmait quatre échantillons positifs", explique le Dr Aimé Alenga, médecin chef de division provinciale de la santé. 

Dans cette province, la rivière Sankuru dessert en eau les populations des zones de santé de Mpanya Mutombo, Lusambu et Bena Dibele. Cette eau est utilisée pour boire, se laver, pour la cuisine et pour les toilettes. C’est ce qui justifie cette flambée des cas, selon Dr Aimé Alenga qui rappelle que "le volet wash (eau, hygiène, assainissement) est important"

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Maitriser le choléra par la surveillance et la communication

Pour endiguer l'épidémie, les autorités locales réhabilitent des points d'eau, avec le soutien de l'Unicef et de Médecins d'Afrique, tout en construisant des latrines et traitant l’eau au sein des foyers. En parallèle, les mesures de surveillance de l'épidémie ont été renforcées. 

"On a renforcé la surveillance à base communautaire et la surveillance dans les structures de santé, on a briefé nos équipes sur la définition des cas et sur le protocole de prise en charge, on a installé les centres de traitement de choléra dans deux zones de santé. On a aussi contacté nos partenaires traditionnels qui sont venus à la rescousse de la province en apportant des intrants de prise en charge", explique le Dr Aimé Alenga. 

Au-delà de la surveillance, des activités de communication sont mises en œuvre par la division de la santé pour amener la population à adopter un comportement responsable. Car oui, le choléra est parmi nous. Plus que jamais. 

Source : Gavi