Une journée placée sous le signe de l'information et de la prévention (Crédit photo CNOSC)
Une journée placée sous le signe de l'information et de la prévention (Crédit photo CNOSC)

En Guinée, la société civile sensibilise sur les bonnes pratiques nutritionnelles !

En Guinée, le conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC) mène des opérations de sensibilisation à la nutrition. Objectif : rappeler aux habitants que bien manger est essentiel pour être en bonne santé.

Mamadou Oury Diallo
Rédigé le , mis à jour le

À l’occasion de la journée spéciale de lutte contre la malnutrition, le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC) a organisé, le 26 décembre dernier à Conakry, une journée de sensibilisation de masse sur les bonnes pratiques nutritionnelles, notamment pour les jeunes femmes en âge d'avoir des enfants.

Placée sous le thème "Notre alimentation est notre santé", la cérémonie a connu la participation de nombreux citoyens de Conakry, dont les cinq maires de la capitale. Le docteur Dansa Kourouma, président du CNOSC et initiateur du projet, a expliqué les objectifs de son initiative en ces termes : "C'est d'expliquer l'importance de la nutrition dans le développement d'un pays. Car il y a un lien logique entre la nutrition et le travail, entre la nutrition et les études, entre la nutrition et la capacité de concentration, que ce soit à l'école ou au bureau".

Malnutrition et échec scolaire

Le Dr Kourouma, qui est médecin généraliste de formation poursuit : "L'homme a besoin des calories pour les activités physiques, mais le cerveau à lui seul a besoin de plus de la moitié de cette calorie là. Alors si un homme ne mange pas à sa faim, il sera improductif pour la société, parce que sa capacité de travail sera réduite au moins de deux tiers". 

Une logique qui s'applique aussi chez les enfants : sans une alimentation riche, ils ne peuvent pas se développer correctement et risquent, entre autres d'avoir des retards cognitifs. Et si un enfant ne mange pas à sa faim, il risque de rencontrer des difficultés à l'école car "il aura des capacités de concentration faibles", explique le Dr Kourouma. "Par conséquent, il y aura un taux d'échec scolaire plus élevé et quand on ne termine pas l'école, généralement, on devient une charge pour la société" conclut-il.

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Les femmes aussi concernées

En Guinée, la pauvreté est l'un des facteurs qui poussent beaucoup d'enfants à quitter l'école avant la fin du cycle primaire. C'est pour remédier à cette triste réalité que le Programme alimentaire mondial a ouvert depuis des années des cantines scolaires dans certaines zones rurales du pays. Ce qui a permis de maintenir beaucoup d'enfants à l'école et de diminuer du même coup l'exode rural.

Mais le problème de la malnutrition des enfants commence dans le ventre de la mère ! Alors le Dr Kourouma insiste pour encourager les femmes en âge de procréer à surveiller particulièrement leur alimentation : "Si les femmes à l’âge de procréation ne mangent pas à leur faim, elles vont accoucher des enfants avec des faibles poids de naissance, et cet enfant va tomber dans la malnutrition". Le médecin recommande également l'allaitement, affirmant que "le lait maternel contient tous les nutriments". Mais il réclame surtout une plus grande implication des autorités, et que la question de la malnutrition devienne une des priorités du pays.