Au Maroc, le pass vaccinal cristallise différentes revendications et colères

Le pass vaccinal anti-Covid est un dispositif qui ne fait pas l’unanimité, au Maroc, comme en attestent les réactions d'artistes sur les réseaux sociaux.

Badr Kidiss
Rédigé le
Le pass vaccinal fait couler beaucoup d'encre au Maroc
Le pass vaccinal fait couler beaucoup d'encre au Maroc

“Je dois protéger la majorité vaccinée. La minorité des non vaccinés ne va pas nous imposer ses choix”. C'est en substance les mots utilisés par le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, pour répondre aux questions des membres de la Chambre des conseillers au sujet du pass vaccinal. Une déclaration qui intervient seulement deux jours après des manifestations anti-pass dans de nombreuses villes marocaines. De quoi provoquer un tollé dans tout le Royaume, où plus de 65% de la population est totalement vaccinée contre le Covid-19. 

Un discours qui ne passe pas

Après avoir tenté de justifier (encore une fois) l'instauration du pass vaccinal, le revenant Aït Taleb a été mitraillé de questions par les membres de la Chambre des conseillers. "Monsieur le ministre, vous avez reconnu que le Maroc est désormais dans une zone verte en matière de propagation du virus. Cela veut dire que vous n’avez pas de justificatif scientifique qui pourrait expliquer le caractère obligatoire du pass vaccinal. Vous avez annoncé son entrée en vigueur avec un simple communiqué orphelin sans aucune communication au préalable, ni guide à suivre pour les citoyens, employés et entreprises qui leur aurait permis de s’y préparer", estime la secrétaire générale adjointe de l’UMT et présidente de son groupe parlementaire à la Chambre des conseillers, Amal El Amri. Avant de demander au ministre si "de simples vigiles" sont qualifiés pour"vérifier nos cartes nationales et nos pass". 


Bien que le ministre de la Santé ait tenté de répondre à toutes les questions, le ton martial qu'il a employé a largement irrité la webosphère marocaine. Et si l'opinion publique semble se cabrer, c'est aussi le cas des stars du rap Don Bigg, ElGrandeToto ou encore Ouenza qui n'ont pas hésité à critiquer, via leurs réseaux sociaux, la gestion sanitaire des dernières semaines. Une mauvaise nouvelle, quand on sait que le Maroc n'est pas à l'abri d'une nouvelle vague de Covid-19.