Violences conjugales : les Béninois ne sont pas épargnés !

Au Bénin, chaque année, nombreux sont les hommes qui subissent coups, insultes, mauvais traitements et atteintes sexuelles.

Léonard Kabo
Rédigé le , mis à jour le
Au Bénin, rares sont les hommes victimes de violences conjugales qui portent plainte (photo d'illustration)
Au Bénin, rares sont les hommes victimes de violences conjugales qui portent plainte (photo d'illustration)

C'est un tabou : les hommes sont, eux aussi, victimes de violences conjugales. Moins que les femmes, oui, mais la proportion des hommes violentés est loin d'être anecdotique. On estime que les hommes sont à l'origine de 5% des plaintes de violences reçues dans les Centres de Promotion Sociales (CPS) au nord du Bénin.

En Afrique et au Bénin en particulier, la tradition veut que l’homme soit "le responsable de la maison" expliquait, en 2016, Michel Minhintoh, docteur en psychopathologie et psychologie clinique, dans une interview accordée à la télévision nationale. Résultat, les hommes en parlent moins, se plaignent moins. Et alors que les campagnes sur les violences faites aux femmes sont - à raison - de plus en plus nombreuses, il existe très peu de structures pour venir en aide aux hommes battus. 

Des conséquences parfois dramatiques

Pourtant, les violences faites aux hommes, qu’elles soient physiques, psychologiques, économiques, verbales ou sexuelles, peuvent avoir plusieurs conséquences sur la victime. "Ça influence sa psychologie, il perd le moral et ne donne pas le meilleur de lui-même", explique le professeur Meskaril d’Almeida, sociologue. Avant d'ajouter que certains hommes peuvent développer des pathologies comme la "détresse psychologique" ou le "repli social".

Face à cette situation, des campagnes de sensibilisations sont menées pour "briser le silence", comme nous l'explique Brice Satchivi, assistant social et chef du Centre de Promotion Sociale 1 (CPS) de Parakou. Une stratégie payante puisque les hommes commencent à en parler. "Sur 100 plaintes reçues, on estime que 5 d'entre elles viennent des hommes", détaille Satchivi. Preuve que la violence conjugale n'est pas l'apanage des hommes.