Syndrome du bébé secoué : une urgence médicale à ne pas négliger

Un bébé qui pleure et que l'on ne parvient pas à calmer... Une situation relativement banale, mais qui parfois tourne au drame. Quand l'adulte qui est chargé de cet enfant craque et le secoue violemment pour le faire taire, cela peut entraîner de graves lésions. Quelles sont les séquelles d'un tel traumatisme ? AlloDocteurs Africa vous dit tout sur ce syndrome sous-estimé.

Alicia Mihami
Rédigé le , mis à jour le
Les pleurs persistants sont souvent la cause du secouement (Image d'illustration)
Les pleurs persistants sont souvent la cause du secouement (Image d'illustration)

C'est une violence infantile grave ! Le syndrome du bébé secoué (SBS) désigne un ensemble de traumatismes crâniens, provoqués par le fait de secouer violemment un bébé en le prenant par les aisselles ou les extrémités. Le plus souvent, les bébés sont secoués d'avant en arrière ou bien de haut en bas lorsqu'ils sont saisis par les pieds.

Ce secouement violent fait que le cerveau est balloté à l'intérieur de la boite crânienne, ce qui peut entraîner des hématomes et l'arrachement de veines-ponts qui relient le cerveau à la paroi interne du crâne, provoquant des hémorragies. Le SBS peut laisser de très graves séquelles voire provoquer la mort du nourrisson. Une seule fois suffit à mettre en danger un bébé, mais le SBS est souvent caractérisé par la répétition des épisodes de secouement.

Un diagnostic difficile

Le syndrome du bébé secoué peut être difficile à diagnostiquer, car les lésions les plus graves sont souvent invisibles et l'enfant - qui n'a pas encore commencé à parler - ne peut exprimer sa souffrance que par les pleurs. Mais quelques symptômes doivent vous alerter : 

  • Bébé est soudainement très irritable ou très somnolent, il ne babille plus
  • Vomissements
  • Perte d'appétit
  • Perte de connaissance 
  • Difficultés à respirer voire arrêt de la respiration
  • Raideur des membres ou au contraire des convulsions, parfois pendant plusieurs minutes
  • Pâleur
  • Regard fixe ou qui se perd dans le vide

Le syndrome du bébé secoué est une urgence. Si vous constatez l'un de ces signes chez votre enfant, vous devez l'emmener au plus vite à l'hôpital ou chez un médecin, car sans prise en charge médicale, un bébé secoué peut mourir. 

Des conséquences à vie

1 bébé sur 5 meurt des suites du SBS. Et parmi ceux qui survivent, 2/3 garderont des séquelles à vie, comme une paralysie plus ou moins étendue, une cécité, des troubles de l'alimentation ou du sommeil, un retard de développement ou de l'épilepsie

Pour toutes ces raisons, le syndrome du bébé secoué constitue une violence grave à l'égard des enfants. Il est important de comprendre ce qui pousse un parent ou un adulte en charge d'un bébé à une telle violence. Souvent, ce sont les pleurs persistants de l'enfant qui vont amener au passage à l'acte. Mais la violence n'est jamais une solution. 

Eviter de craquer

Un bébé en bonne santé pleure en moyenne 3 à 4 heures par jour, cela fait partie du quotidien des jeunes parents. Si vous sentez que vous êtes particulièrement fatigué et sur le point de craquer, plutôt que de chercher à consoler l'enfant, faites une pause. Posez votre bébé en sécurité sur le dos dans son lit, et quittez la pièce quelques minutes pour vous mettre au calme. Massez-vous les tempes, fermez les yeux, respirez profondément et si vous ne vous sentez pas capable de vous occuper de votre enfant, n'hésitez pas à demander de l'aide. 

Les jeunes parents sont épuisés, et c'est bien normal ! Le manque de sommeil, le stress de devenir père ou mère sont souvent difficiles à gérer. Plutôt que de tout gérer seul, demandez à votre famille ou à un proche de s'occuper de votre enfant quelques heures, le temps de vous reposer et de reprendre des forces. Sachez aussi qu'après l'âge de 3 mois, les bébés pleurent de moins en moins et que les crises de pleurs persistants ne sont qu'une période difficile à passer !