Sit-ins, manifestations... au Sénégal, le personnel soignant promet un mois de mai chargé

Au Sénégal, médecins, sages-femmes et infirmiers multiplient les grèves pour protester contre les poursuites judiciaires visant six sages-femmes.

Barou Dembélé
Rédigé le
Les protestations se multiplient à Louga
Les protestations se multiplient à Louga  —  Loption

L'affaire continue de défrayer la chronique. La mort tragique Astou Sokhna, cette jeune femme qui avait succombé à la maternité alors qu'elle était sur le point d'accoucher, a a suscité une vague d'indignation contre les carences du système de santé public au Sénégal. Le directeur de l'hôpital régional de Louga, où le drame s'est déroulé, a depuis été limogé. Six sages-femmes doivent également être jugées le 5 mai devant le tribunal de Louga pour "non assistance à personne en danger". 

Face à cette situation, le personnel hospitalier multiplie les sit-ins de protestation. "Nous nous battons pour nos droits, notre dignité et le respect de notre noble métier", a expliqué Amadou Yéri Camara, porte-parole du Collectif des travailleurs de la santé et de l’action sociale (CTSAS), lors d'une conférence de presse où il s’est dit meurtri du "mépris" des Sénégalais. 

Une mortalité maternelle en baisse

Des propos qui n'ont pas calmé les ardeurs du collectif "Patients en danger" qui était à l'origine d'une manifestation, le 23 avril dernier, sur la place de l'Obélisque, dans le quartier populaire de Colobane, à Dakar. Ce collectif affirme que "le cas de Astou Sokhna est illustratif de la longue liste de drames que vivent les patients, en particulier les femmes en grossesse" dans les hôpitaux publics au Sénégal, selon un memorandum lu à la fin de la manifestation.

Pourtant, la mort tragique d’Astou Sokhna en couches ne doit pas faire oublier les efforts des autorités. "En 2020, nous avons 791 décès maternels", détaille le directeur de la santé de la mère et de l’enfant, Dr Amadou Doucouré. Avant d'ajouter qu'"il y a une tendance à la baisse de la mortalité maternelle, qui est passée de 392 à 236 décès pour 100.000 naissances vivantes (NV), entre 2010 et 2017". Mais cela ne devrait pas mettre du baume au coeur des soignants, en attendant le procès tant attendu des sages-femmes.