Des sages-femmes poursuivies au Sénégal après la mort d'une femme enceinte

Six sages-femmes sont poursuivies au Sénégal, après le décès dans un hôpital public d'une femme enceinte ayant vainement attendu une césarienne pendant des heures et dont le sort tragique a ému tout le pays.

La rédaction d'Allo Docteurs Africa avec AFP
La rédaction d'Allo Docteurs Africa avec AFP
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De nombreux Sénégalais se sont mobilisés pour réclamer justice pour Astou Sokhna
De nombreux Sénégalais se sont mobilisés pour réclamer justice pour Astou Sokhna  —  Le quotidien

L'histoire a fait couler beaucoup d'encre. Le décès d'Astou Sokhna, enceinte de neuf mois, à l'hôpital public de Louga ne laisse personne indifférent au Sénégal. Surtout que cette mort aurait pu évitée avec plus de vigilance, comme l'a récemment reconnu le ministre de la santé, Abdoulaye Diouf Sall. A l'heure où ces lignes sont écrites, "six sages-femmes sont poursuivies pour non assistance à personne en danger", a annoncé Maître Abou Abdou Daff, leur avocat. 

Quatre des présumées coupables "ont été écrouées mardi soir" dans la ville de Louga (nord) et "deux [sont] en liberté provisoire". Les six femmes doivent être jugées le 27 avril devant le tribunal de grande instance de Louga, a ajouté Maître Daff.  

Selon la presse sénégalaise, Astou Sokhna, âgée d'une trentaine d'années, est décédée après avoir attendu dans de grandes souffrances pendant une vingtaine d'heures la césarienne qu'elle réclamait. Le personnel aurait refusé sa demande, arguant que son opération n'était pas prévue, et aurait menacé de la chasser si elle insistait. 

Mystère autour des circonstances de sa mort

La presse sénégalaise avait initialement rapporté que le drame s'était produit le 7 avril, mais selon le rapport de la mission d'enquête du ministère de la Santé, la victime est décédée le 1er avril. Les circonstances de sa mort telles que rapportées par les médias sénégalais ont suscité sur les réseaux sociaux un flot de protestations contre les carences du système de santé public au Sénégal. Elles ont aussi provoqué une réponse au plus haut niveau de l'Etat avec notamment le limogeage du directeur de l'hôpital, annoncé à l'issue d'un Conseil des ministres. 

Par ailleurs, l'Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) a annoncé dans un communiqué avoir entamé mercredi une grève de 72 heures, notamment en "soutien aux camarades de Louga" poursuivies par la justice. L'Asas avait "déploré" le 16 avril que le gouvernement n'ait "pas attendu les conclusions de l'enquête judiciaire pour condamner les vaillants travailleurs avant de les jeter délibérément en pâture devant le lynchage médiatique (...) pour essayer de masquer en vain les tares du système dont il est le garant". La grève vise aussi à protester contre le non-respect par le gouvernement, selon l'Asas, d'accords pour une meilleure rémunération des agents de santé.

Source : AFP