Vers la création d’une école de formation en orthophonie au Sénégal ?

Malgré un nombre élevé de personnes souffrant de bégaiement, le Sénégal ne dispose que de très peu de spécialistes en orthophonie.

Barou Dembélé
Rédigé le , mis à jour le
Vers la création d’une école de formation en orthophonie au Sénégal ?

Le Sénégal a besoin de plus d'orthophonistes. Alors que le nombre de personnes atteintes de bégaiement "est évalué à 170.000" au Sénégal selon l’orthophoniste Alioune Guèye, le pays ne compte que 10 spécialistes de ce trouble de la parole. Une situation qui nécessite selon lui la création d’une école publique d’orthophonie. Seulement la moitié sont des Sénégalais. 

"Il est urgent de créer une école de formation en orthophonie, car la demande est très forte. Nous ne sommes que cinq si je prends en compte les deux étudiants en fin de formation", a-t-il plaidé.  Mais tout n'est pas perdu. Le Dr Guèye souligne par exemple qu’à l’Université Iba Der Thiam de Thiès, "nous avons eu écho des velléités de mise en place d’un module pour l’orthophonie. Nous souhaitons que cela aboutisse’’. 

Aucun orthophoniste dans le public

Mais en attendant que cette formation voit le jour, le pays manque de spécialistes. Et tous les orthophonistes évoluent dans le privé, précise le Dr Guèye. L’accès à leur service n’est donc pas à la portée de tous les Sénégalais. Une raison supplémentaire pour le ministère de la Santé de prendre en compte cette préoccupation et d'agir selon le médecin, qui s'est exprimé le 22 octobre dernier lors de la célébration, à Saint-Louis, de la journée mondiale du bégaiement.

Cette cérémonie a été l’occasion d'installer la première antenne régionale de l’Association pour la prise en charge du bégaiement (APBS), placée sous la direction de l’enseignante-chercheure Fatoumata Gaye. Cette structure, créée en 2015, a pour objectif de "promouvoir, développer et soutenir les projets ayant pour objet l’aide aux personnes bègues", selon son président Ibrahima Diarra.