La photothérapie est utilisée pour soigner la jaunisse du nourrisson
La photothérapie est utilisée pour soigner la jaunisse du nourrisson

Décès d'un bébé à Dakar : des médecins accusés de négligence

Quatre personnes ont été placées en garde à vue après la mort d’un nouveau-né dans des circonstances troubles. Ils sont accusés de négligence.

Rédigé le , mis à jour le

C'est une tragédie. Un bébé, qui était traité pour une jaunisse à la clinique La Madeleine de Dakar, est décédé dans des circonstances suspectes. Le nouveau-né, une petite fille, a été retrouvé "carbonisé" et "asphyxié" dans cette clinique où il venait de naître. 

La jaunisse est une affection provoquée par un défaut d'élimination de la bilirubine, une substance naturellement présente dans le corps. Les symptômes sont un jaunissement de la peau et du blanc des yeux, une urine foncée et des selles claires. Très fréquente chez les nourrissons, cette maladie peut laisser de graves séquelles : surdité, troubles moteurs, lésions cérébrales... 

L'enquête toujours en cours

Le nourrisson avait été placé sous photothérapie, une forme d'exposition à la lumière bleue, afin de réduire le taux de bilirubine présent dans le sang. Mais il aurait été laissé sans surveillance dans la couveuse pendant trop longtemps : son corps a été retrouvé brulé après une trop longue exposition aux rayons de la photothérapie. 

Selon la presse locale, l'autopsie révèle que la petite fille serait décédée à la suite d'une asphyxie, doublée de plusieurs brûlures sur le corps. Mais l’administration de la clinique, pas convaincue par ces résultats, a sollicité une contre-expertise qui "est toujours en cours", d’après le père de la fillette décédée, interrogé par le quotidien L’Observateur. "On est toujours dans l’attente d’informations pour compléter et finaliser cette procédure afin qu’on puisse enterrer le corps", a-t-il dévoilé à nos confrères. 

Le procureur de la République s’est saisi de cette affaire, après une plainte des parents. Auditionnés par le commissariat de Dakar Plateau, le directeur de la clinique, Mahmoud Aïdibé, le pédiatre Hussein Joubaïly, l’infirmière et la nurse en charge des soins de la petite ont été placés en garde à vue lundi après-midi.