Le moustique tigre se nourrit surtout le soir
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RDC : une épidémie de fièvre jaune déclarée dans le nord

La province du Nord Ubangi a déclaré une épidémie de fièvre jaune.  Au moins un cas de cette fièvre hémorragique a été détecté dans la zone de santé d'Abuzi, déclenchant un vaste plan de vaccination préventive.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le

Nouvelle alerte sanitaire en République démocratique du Congo. Les autorités de la province du Nord Ubangi, ont officiellement déclaré une épidémie de fièvre jaune dans ce territoire, situé dans la partie septentrionale du pays. Le gouverneur par intérim, Oscar Oshobalea, a fait cette annonce le 17 avril dernier : "Je déclare l'épidémie de la fièvre jaune, dans la zone de santé d'Abuzi en particulier, et dans toute la province du Nord Ubangi en général, suite aux résultats d'analyse de l'Institut national des recherches biologiques de Kinshasa, qui confirment l'existence de cette maladie", a indiqué Oscar Oshobalea. 

Il a immédiatement lancé un appel à l’aide aux partenaires techniques et financiers pour qu’ils appuient la campagne préventive de vaccination, prévue du 29 avril au 8 mai. Cette campagne va cibler un très grand nombre de personnes, des nourrissons dès l'âge de 9 mois jusqu'aux personnes de 60 ans. L’autorité provinciale invite également les populations à respecter les mesures d’hygiène (port de vêtements couvrant le maximum de peau et utilisation de répulsifs afin d’éviter les piqûres de moustiques), seul moyen de se protéger contre cette maladie hémorragique meurtrière en attendant la vaccination.

Le Nord Ubangi sur plusieurs fronts

C’est un nouveau front sanitaire qui s’ouvre pour le Nord Ubangi, déjà occupé à lutter contre la résurgence de l'épidémie de rougeole, localisée dans la zone de santé de Bosobolo, et bien sûr concerné par la pandémie de Covid-19 qui continue de sévir un peu partout dans le monde. La dernière épidémie de fièvre jaune enregistrée en République démocratique du Congo remonte à l'été 2016. D'abord déclarée dans l’Angola voisine en décembre 2015, l'épidémie s’était propagée à la RDC, faisant des centaines de morts dans plusieurs provinces du pays. Présentée par l’OMS comme "l’une des plus grandes et difficiles épidémies de fièvre jaune de ces dernières années", elle a été déclarée terminée en février 2017.

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques du genre Aedes et Haemogogus, infectés par le virus amaril. Le terme "jaune" fait référence à la jaunisse présentée par certains patients. Les principaux symptômes sont de la fièvre, des maux de tête, des courbatures des nausées et vomissements. Dans les cas les plus graves, la maladie évolue vers sa phase hémorragique, entraînant des saignements dans la bouche, le nez, les yeux ou au niveau de l’estomac. La moitié des malades présentant cette phase toxique meurent dans les 7 à 10 jours. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recense la présence de la fièvre jaune dans 34 pays d’Afrique.