Deuil périnatal : il faut briser le tabou de la mort des nouveaux-nés

En Afrique, la mortalité infantile est très élevée. Et on ignore encore trop les conséquences du deuil périnatal sur les parents.

Alicia Mihami
Rédigé le , mis à jour le
Certaines précautions peuvent limiter les risques de fausse couche (photo d'illustration)
Certaines précautions peuvent limiter les risques de fausse couche (photo d'illustration)

Perdre un enfant est un drame. En Afrique, plus de 2 millions de bébés meurent dans leur premier mois de vie. Et les parents sont souvent laissés pour compte, seuls face au deuil. Et les parents sont souvent laissés pour compte, seuls face au deuil. Pire, pour les mères, la perte d’un enfant, notamment s’il est mort-né, est souvent accompagnée d’un rejet de la part de l’entourage, notamment le mari. 

Le deuil est un processus important, qu’on a trop tendance à taire, à gérer en silence. Surtout dans les sociétés africaines où la résilience est une valeur clé, où la mort est préférable à la honte, les familles ayant subi un deuil périnatal se cachent. Et n’osent pas réclamer l’aide dont ils peuvent avoir besoin.

Car le deuil d’un enfant est une véritable épreuve. La souffrance des parents débouche parfois sur des dépressions, des séparations... Les parents peuvent ressentir un sentiment de colère et d’injustice, notamment envers le personnel médical. Certains éprouvent même du ressentiment envers leur conjoint. Tous ces sentiments sont légitimes et normaux. Mais ils ne doivent pas être laissés dans l’ombre ! 

Oser parler du deuil

Parler de son deuil, même si c’est contraire aux traditions, est essentiel pour ne pas le laisser vous submerger. Que ce soit à votre famille, un ami proche ou un médecin, si vous en ressentez le besoin, n'ayez pas peur de parler de ce que vous avez vécu ! 

On a encore trop souvent tendance à dire aux femmes qui ont perdu un bébé qu’elles doivent passer à autre chose et simplement retomber enceinte. Mais c’est loin d’être aussi simple. Le deuil périnatal est un véritable traumatisme, qui peut vous suivre sur des années avec des conséquences graves sur votre santé mentale. Ne restez pas seuls avec votre souffrance : si vous sentez que vous perdez pied, parlez-en à un problème de santé.