Le Maroc ne dispose que de 22.000 médecins tous secteurs confondus
Le Maroc ne dispose que de 22.000 médecins tous secteurs confondus

Maroc : Comment se porte notre système de santé ?

Au Maroc, on estime que le manque de ressources humaines et financières est à l’origine des maux du système de santé. Et si en réalité, il s’agissait plutôt d’une crise de confiance ?

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

Le système de santé va mal, très mal. Il n'est pas une semaine sans que la santé publique soit en alerte. Mais de quoi souffre-t-elle ? À cette question lancinante, une réponse revient sur toutes les bouches : c'est le manque de ressources humaines et financières ! On parle quand même d’un pays qui ne dispose que de 22.000 médecins tous secteurs confondus, alors que l’OMS lui recommande d’en avoir 66.000. Donc oui, l’offre de soins est on ne peut plus insuffisante puisque chaque médecin fait le travail de 3 praticiens. Et ce déficit continue de croître pour ressembler, dans certaines régions éloignées, à un véritable désert médical. Aujourd’hui, la fracture est telle que des centaines d’étudiants en médecine et pharmacie boycottent les concours, au grand dam du gouvernement. Leur slogan : “une année blanche vaut mieux qu’un avenir noir”. Pis, des dizaines de médecins ne se sentent plus chez eux dans ce pays. Leur tort : exercer un métier qui n’est pas valorisé par leurs autorités de tutelle. Dont acte.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Dans un Maroc où les dépenses dans le secteur de la santé représentent à peine 5,5% du PIB, un taux relativement bas par rapport à celui enregistré par d’autres pays de la région comme la Tunisie (6,7%) et le Liban (7,4%), la faible performance du système semble presque inévitable. Et il y’a fort à parier que l’adoption récente de mesures en Europe pour faciliter l’insertion professionnelle des médecins étrangers va encourager les praticiens à s’exiler, motivés par leurs mauvais salaires et des conditions de travail jugées désastreuses. “Nous avons 7000 médecins à l’étranger et nous avons 1200 médecins qui sont en partance, un fléau auquel il faut mettre fin”, espère Hassan Afilal, vice-président de l’Association marocaine des cliniques privées, dans des propos rapportés par Médias24. Maintenant que les jalons sont posés, reste qu’il faudra repenser au plus vite l’organisation des soins, le rôle et les fonctions de chaque métier de la santé.