Processus d'extraction d'un ver de Guinée
Processus d'extraction d'un ver de Guinée

Maladie du ver de Guinée : un dernier pas avant l'éradication ?

L'infection par le ver de Guinée pourrait bientôt être éradiquée. En 2020, moins de 30 cas ont été recensés sur le continent africain.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

A l’ère du coronavirus, il est rare d’avoir l’occasion de se réjouir de l’éradication prochaine d’une maladie. Surtout lorsqu’il s’agit d'une maladie tropicale négligée qui ne bénéficie pas des investissements accordés aux grandes tueuses comme le sida, le paludisme ou encore la tuberculose. Mais aujourd’hui, tout laisse croire qu’on s’approche de l’éradication de la dracunculose, une maladie provoquée par un parasite, le ver de Guinée. 

En 2020, il n'y a eu que 27 cas diagnostiqués de dracunculose qui est plus connue sous le nom de maladie du ver de Guinée, contre 126 cas en 2014 et 3,5 millions de cas au milieu des années 80. Et tous les cas ont été identifiés dans 6 pays africains (le Tchad, l'Ethiopie, le Cameroun, l'Angola, le Mali et le Sud-Soudan), selon le Centre Carter, une ONG agissant pour la promotion de la démocratie, des droits humains et pour la résolution pacifique des conflits. 

Une "éradication réalisable"

La maladie du ver de Guinée se transmet en ingérant des larves qui se trouvent dans de l'eau contaminée. L'infection s'accompagne généralement d'une sensation de brûlures, d'un oedème douloureux et de démangeaisons. Et après environ un an d'infection, le ver migre jusqu'à la peau. Il se déplace sous les tissus cutanés jusqu’à atteindre son point de sortie, généralement au niveau des membres inférieurs, formant une cloque ou une tuméfaction d’où il finit par émerger. 

Contrairement à d'autres pathologies qui sont soignées avec des médicaments ou des vaccins, la maladie du ver de Guinée ne peut pas être prévenue ou traitée avec un traitement ou un vaccin. Mais selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'éradication de ce mal est un objectif réalisable. Pour se débarrasser de la maladie du ver de Guinée, il faut notamment apprendre à filtrer l'eau pour qu'elle soit potable. Et si l'objectif de zéro transmission est atteint, la dracunculose serait, après la variole, la seconde maladie à être définitivement éliminée.