Le Sénégal durcit le ton contre l’exercice illégal de la médecine

L'exercice illégal de la médecine est un problème majeur au Sénégal. Pour lutter contre ce fléau, de nombreux spécialistes demandent le renforcement de la réglementation.

Barou Dembélé
Rédigé le
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Il faut mener la vie dure aux charlatans de la médecine. Au Sénégal, juristes et médecins ont insisté sur le besoin d'actualiser et de durcir le cadre légal de la profession de médecin devant un panel de l’Ordre national des médecins du Sénégal (ONMS). Objectif : mieux lutter contre l'exercice illégal de la médecine. 

Ce terme définit "l'accomplissement d’actes médicaux sans diplômes requis" ainsi que la pratique de ces actes "en dehors des établissements ou des entreprises" agréés  a souligné Samba Ndiaye, coordonnateur de la cellule des affaires juridiques au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Des dizaines de structures illégales

Suite à des inspections surprises dans le district de Dakar, les autorités ont découvert l'existence de dizaines de centres de santé, cliniques, cabinets d'obstétriciens ou centres d'accompagnement à l'accouchement à domicile opéraient sans aucune autorisation. Un business juteux pour les faux praticiens, mais qui expose les patients à de graves dangers.

Pour Alassane Ndiaye, directeur adjoint des affaires criminelles du ministère de la Justice, il faut non seulement stopper "l’exercice illégal de la médecine"  mais aussi "l’exercice illégal par un praticien en dehors de sa spécialité", qui est tout aussi dangereux. Pour lui, ce fléau constitue "un délit multiforme", pour lequel  les sanctions prévues ne sont pas assez dissuasives.

"Les peines vont de 1 à 6 mois de prison, et sont doublées en cas de récidive. Les amendes sont fixées de 20.000 à 100.000 FCFA" détaille le magistrat. Des sanctions qui n'arrêtent pas les praticiens frauduleux, qui se font énormément d'argent sur le dos des patients trompés. C'est donc pour les décourager que Samba Ndiaye insiste sur "la nécessité du renforcement et d’actualisation des sanctions prévues dans le cadre de l’exercice illégal de la médecine". Car sans action forte de la part des autorités de santé, les victimes de ces faux médecins continueront de s'accumuler.     

Sources : APS, LeQuotidien.sn