A Djibouti, la moitié des hommes consomment du khat
A Djibouti, la moitié des hommes consomment du khat

Le khat, une drogue qui fait des ravages

Apprécié pour la douce euphorie qu'il procure, le khat est pourtant aussi addictif que le cannabis. Il peut entrainer une tolérance accrue et une dépendance psychologique.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

A Djibouti, le khat est partout. Chaque jour, 15 tonnes de cette plante aux effets comparables à ceux de l'amphétamine sont importées légalement d'Ethiopie. Et la moitié des hommes Djiboutiens mâchent les feuilles de cet arbuste cultivé essentiellement dans la Corne de l'Afrique et au sud du Yémen, au grand bonheur des autorités locales qui détiennent le monopole de la vente.

Apprécié pour la douce euphorie qu'il procure, le khat est pourtant aussi addictif que le cannabis. Il peut entrainer une tolérance (qui incite le consommateur à augmenter les doses) et une dépendance psychologique. Le khat est même considéré comme le principal facteur de risque des maladies cardio-vasculaires dans le pays et peut favoriser le développement du diabète et des troubles psychiques.

Comportements violents

Coupe-faim efficace, le khat est aussi responsable de la malnutrition de ses adeptes qui sont parfois accros dès l'adolescence. Une consommation excessive peut aussi engendrer des comportements violents, de la paranoïa et des idées suicidaires.

Mais ce n'est pas tout... Le khat a un effet sur l'environnement. Sa culture nécessite beaucoup d'eau, ce qui contribue à aggraver la sécheresse endémique au Djibouti. Selon l'Organisation mondiale de la santé, une réduction de l'usage du khat permettrait de "récupérer des sols cultivables et de l'eau d'irrigation". En échappant à l'emprise du khat, Djibouti a donc tout à gagner.