Le cancer continue sa progression inquiétante en Afrique

Si rien n'est fait, le nombre de cas de cancer pourrait augmenter de 60% dans les deux prochaines décennies, notamment en Afrique et dans les pays en développement.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le
Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) est efficace et sans danger
Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) est efficace et sans danger

Il y a de quoi s'inquiéter ! Le cancer continue de faire des ravages en Afrique et la situation devrait encore se compliquer. C'est ce qui ressort en tout cas des derniers rapports de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Si en 2018, l’OMS a enregistré plus de 18 millions de nouveaux cas de cancer dans le monde, l'agence onusienne estime que ce chiffre pourrait dépasser les 29 millions d’ici 2040. Et c'est notamment en Afrique que le nombre de nouveaux cas augmentera le plus fortement. A l'heure actuelle, le continent enregistre plus de 1 million de nouveaux cas chaque année. Un chiffre qui devrait doubler, si rien n'est fait... 

Inégalités

Une situation qui s’explique par le fait que la majorité des pays de notre continent ont dû consacrer l'essentiel de leur budget Santé pour lutter contre les maladies infectieuses (paludisme, tuberculose...) et à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant. Résultat, la plupart des hôpitaux ne sont pas équipés pour prévenir, diagnostiquer et traiter les cancers. En 2019, "plus de 90 % des pays à revenu élevé ont indiqué que leur système de santé publique disposait de services complets de traitement du cancer, contre moins de 15 % des pays à faible revenu", estime l'OMS. Sans parler du manque d'oncologues (les médecins spécialistes dans le traitement des cancers) dans toute l'Afrique. 

"C’est un coup de semonce qui nous appelle tous à nous attaquer aux inégalités inacceptables qui existent entre pays riches et pays pauvres concernant les services de lutte contre le cancer", déclare le Dr Ren Minghui, sous-Directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Tout en rappelant que des progrès sont possibles dans les pays les plus pauvres : "Lorsque les individus ont accès aux soins primaires et aux systèmes d’orientation, il est possible de détecter le cancer à un stade précoce, de le traiter efficacement et de le guérir". La situation est bien grave mais l'Afrique peut se mobiliser.