Le Cameroun, toujours victime du trafic de faux médicaments

Malgré la création récente de l'Agence Africaine du médicament (AMA), les contrefaçons continuent de circuler dans les rues du Cameroun.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
A Douala, de nombreux Camerounais se procurent des médicaments dans les "pharmacies de rue"
A Douala, de nombreux Camerounais se procurent des médicaments dans les "pharmacies de rue"  —  Allo Docteurs Africa

Près de 3 milliards de Francs CFA. C’est la valeur des faux médicaments détruits au cours de l’année 2021 au Cameroun, selon le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda. En tout, 206 saisies et destructions de médicaments illicites ont été réalisées. “Ces saisies montrent que le phénomène reste important dans le pays, avec souvent de graves répercussions sur la santé des populations“, a déploré le ministre de la Santé.   

Au classement des régions les plus touchées par le phénomène des faux médicaments, l’Est arrive largement en tête. “Un stock de faux médicaments d’une valeur de 200 millions de FCFA avait déjà été détruit dans la même région en février de la même année, ajoute Malachie Manaouda.  

A l'origine de problèmes de santé

Les faux médicaments sont à l'origine d'au moins 100.000 morts par an en Afrique. Ils entrainent aussi  de nombreux problèmes de santé."Nous voyons le nombre de dialyses exploser. Nous connaissons la cause. Les faux médicaments consommés dans notre enfance ont des conséquences plus tard. (...) Vous avez des insuffisances hépatiques et d’autres problèmes de santé causés par ces médicaments qui sont sous-dosés", regrette le Dr Franck Nana, président de l'Ordre national des pharmaciens du Cameroun.

Plusieurs types de médicaments sont concernés par le trafic, selon l'Ordre national des pharmaciens. Il s’agit des médicaments dits “ de la rue“, des produits contrefaits, des faux médicaments et des médicaments qui au départ étaient de bonne fabrication avant de sortir du circuit normal de distribution. “Les médicaments de la rue représentent un peu plus de 25% du marché du médicament national, alors que 40% des médicaments de la rue proviennent de la contrebande“, révèle l’Ordre. Jusqu'à quand ?