Certains moustiques du genre Aedes peuvent transmettre la fièvre jaune (photo d'illustration)
Certains moustiques du genre Aedes peuvent transmettre la fièvre jaune (photo d'illustration)

La fièvre jaune fait son retour au Sénégal

Alors que le coronavirus (Covid-19) continue de gagner du terrain au Sénégal, les autorités sanitaires font face à un nouvel adversaire : la fièvre jaune.

Badr Kidiss
Rédigé le

On l'avait oubliée, mais la fièvre jaune est de retour. D'octobre à janvier 2021, huit cas, dont deux décès, ont été recensés dans les régions de Tambacounda, Kédougou, Diourbel et Matam. Le ministère de la Santé précise qu'une épidémie de fièvre jaune a été notifiée, à travers ces cas confirmés par l’Institut Pasteur de Dakar

Maladie très grave, la fièvre jaune est due à un virus transmis par les moustiques du genre Aedes. Les mêmes moustiques qui peuvent aussi transmettre la dengue, le chikungunya ou encore le virus de Zika. Cette maladie, qui touche essentiellement l'homme et le singe, débute par des signes similaires à la grippe puis au paludisme. Une fois la fièvre jaune contractée, près de la moitié des malades décède. Et la maladie peut être à l'origine d'épidémies dévastatrices qu'il est possible d’éviter par des campagnes de vaccination de masse.

Vacciner 800.000 personnes

S'il n'existe pas de traitement spécifique de la fièvre jaune, un vaccin efficace sauve des vies depuis plus de 80 ans. Cette piqure salvatrice est d'ailleurs intégrée au Programme élargi de Vaccination au Sénégal, où il est est administré dès l’âge de neuf mois. Et selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), "une seule dose de vaccin suffit à conférer une immunité à vie contre la fièvre jaune".

Pour contrer la propagation de cette maladie au Sénégal, à l'heure où le pays est submergé par le coronavirus (Covid-19), une campagne de vaccination ciblant 800.000 personnes est prévue à partir du 15 février dans les régions de Tambacounda et Kédougou. Après avoir invité les populations à recourir rapidement aux services de santé dès l’apparition des premiers signes de fièvre jaune (fièvre, perte de l'appétit, douleurs musculaires, nausées, vomissements, fatigue ou encore jaunisse), le ministère de la Santé a aussi décidé de renforcer son dispositif de surveillance de la maladie. Avec un seul objectif : identifier rapidement les cas et sensibiliser les populations sur les mesures de prévention contre les moustiques qui peuvent transmettre ce mal.