L'artiste congolais Le Karmapa dénonce la misère de l'hôpital public dans son nouveau clip

Le dernier clip du prince de la rumba, le Congolais Le Karmapa, dénonce l'insalubrité d'un des plus grands hôpitaux publics de Kinshasa. Malgré sa censure par les autorités de la République démocratique du Congo (RDC), la vidéo a déjà été visionnée près de 80.000 fois.

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Le Karmapa dénonce l'insalubrité de l'hôpital Mama Yemo à Kinshasa
Le Karmapa dénonce l'insalubrité de l'hôpital Mama Yemo à Kinshasa

"Si je tombe malade, s'il vous plaît, ne me conduisez pas dans cet hôpital", chante l'artiste Le Karmapa dans  "Mama Yemo", du nom de cet établissement public construit avant l'indépendance de la RD Congo en 1960. Le clip d'une dizaine de minutes commence par le dialogue d'un médecin avec la famille d'un patient sous respirateur: "Sans argent, votre frère va mourir" - "Ah docteur, que faites-vous du serment d'Hippocrate?".

A Mama Yemo, les patients ne sont en effet soignés que s'ils ont les moyens de payer leurs soins. A la maternité, des mères sont retenues des semaines et des mois après la naissance de leur bébé parce qu'elles ne peuvent pas payer les frais de l'accouchement. "A Mama Yemo rien ne va", chante l'artiste qui veut "dénoncer pour sensibiliser afin d’améliorer la situation".

Une chanson interdite

Sur Mama Yembo, Le Karmapa chante en lingala, sur un air de rumba congolaise. Dès sa sortie, la chanson a été interdite par la Commission nationale des chansons et du spectacle. "Cette chanson a provoqué des remous parce que le chanteur Le Karmapa présente l’hôpital Mama Yemo comme un mouroir. La direction est venue se plaindre auprès de la commission contre cette mauvaise publicité qui cause un préjudice à cet établissement", a déclaré Didi Kelo Kelo, président de la commission.

Il est également reproché à l'artiste de ne pas avoir "soumis préalablement" la chanson à la commission, comme le prévoit la loi. "C'est vraiment ridicule de censurer la vérité!", s'est insurgé sur Twitter la parlementaire d'opposition Eve Bazaiba.