Près de 180 millions de femmes souffriraient d'endométriose dans le monde (image d'illustration)
Près de 180 millions de femmes souffriraient d'endométriose dans le monde (image d'illustration)

L'endométriose, une maladie chronique trop peu considérée

Connaissez-vous l'endométriose ? Cette maladie gynécologique touche près de 180 millions de femmes dans le monde, et pourtant elle reste mal soignée et mal diagnostiquée. À l'occasion de la journée mondiale de l'endométriose, Allodocteurs Africa revient sur cette souffrance chronique qui doit être prise au sérieux.

Alicia Mihami
Rédigé le , mis à jour le

Elle fait souffrir des millions de femmes en silence. L'endométriose est une maladie gynécologique associée aux règles qui touche au moins 1 femme sur 10 dans le monde. Pourtant, malgré son caractère handicapant, cette maladie reste méconnue et mal prise en charge. 

On parle d'endométriose lorsque l'endomètre, la muqueuse qui tapisse l'utérus et se gorge de sang au fil du cycle avant d'être éliminé lors des règles, se déplace hors de l'utérus. Des fragments de l'endomètre se retrouvent alors sur d'autres organes voisins, comme les ovaires, le vagin, le rectum, les reins etc.  Mais même hors de l'utérus, il reste soumis aux changements du cycle de la femme : il se gorge donc de sang... et s'autodétruit, entraînant des lésions sur les organes sur lesquels il s'est installé... un cycle qui se répète chaque mois, faisant empirer les souffrances.

Une maladie invalidante

Le principal symptôme de l'endométriose est la douleur, qui peut empêcher de bouger et de se mettre debout, surtout pendant les règles. Les femmes qui en souffrent décrivent souvent ces douleurs comme la sensation de recevoir des coups de couteau au niveau du bas ventre. La douleur peut aussi s'étendre dans le bas du dos, voire dans les jambes, elle peut être si forte qu'elle entraîne des mots de têtes et des nausées.... Autrement dit, elle est insupportable ! Et elle peut se manifester de bien d'autres façons : douleurs pendant et après les rapports sexuels, défécation douloureuse, difficulté pour uriner, douleurs pelviennes fréquentes sans cause ni déclencheur...

Et pourtant, on dit aux femmes que "c'est comme ça", pour certaines les règles sont douloureuses et il faut faire avec. Cette tendance à ne pas prendre en compte la douleur des femmes est l'une des raisons pour lesquelles l'endométriose met en moyenne 7 ans à être diagnostiquée. Or, plus le diagnostic est tardif, plus l'endométriose peut être grave. Car l'endomètre continue de s'étendre petit à petit, provoquant des lésions de plus en plus graves sur les organes qu'il a colonisé. Sans diagnostic, l'endométriose peut donc déboucher sur des problèmes graves : 30 à 40% des femmes souffrant d'endométriose ont des problèmes d'infertilité, c'est d'ailleurs souvent en consultant pour des difficultés à tomber enceintes que les femmes découvrent leur maladie. 

Manque de considération

On ne guérit pas de l'endométriose : c'est une maladie chronique. Mais une fois diagnostiquée il est possible de vivre avec et de diminuer grandement les symptômes. La solution la plus efficace est la prescription d'une contraception qui va arrêter les règles, comme une pilule prise en continu ou bien la pose d'un stérilet hormonal. Contrairement à ce que pensent beaucoup de femmes, l'arrêt des règles n'est pas dangereux et ne rend pas stérile ! Au contraire, en arrêtant les règles on bloque la progression de la maladie et donc les risques de développer une infertilité due à l'endométriose. 

L'endométriose n'est pas suffisamment prise au sérieux. Le diagnostic est trop long, la prise en charge trop tardive et souvent incomplète, la recherche pour trouver des traitements manque cruellement de fonds... À titre d'exemple, sur le site de l'OMS, il n'y a aucune information sur l'endométriose, alors que cette maladie touche plus de 175 millions de femmes dans le monde. Il faut absolument faire évoluer les mentalités, dans la société mais aussi dans le monde médical pour que les femmes soient écoutées lorsqu'elles évoquent leurs souffrances et ne pas minimiser ce qu'elles vivent !