Infections nosocomiales : quand l'hôpital camerounais rend malade !

Chaque année au Cameroun, nombreux sont les patients qui contractent une infection nosocomiale. Cette maladie, spécifique à l'hôpital, la clinique ou le cabinet médical, touche tous les pays développés ou émergents.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
À l'hôpital, en clinique, ou dans un cabinet médical, de nombreux Camerounais contractent une infection nosocomiale (photo d'illustration)
À l'hôpital, en clinique, ou dans un cabinet médical, de nombreux Camerounais contractent une infection nosocomiale (photo d'illustration)

C'est la troisième cause de mortalité maternelle en Afrique ! C'est aussi la deuxième cause de mortalité néonatale précoce, et la première cause de morbidité postopératoire. Sa prévalence varie d'un pays à l'autre, mais aucune nation n'est épargnée. 

Méconnues dans les quatre coins du continent, les maladies nosocomiales sont des infections contractées lors d’une opération ou lors d’un soin. Elles sont donc absentes au moment de l’admission du patient dans l’établissement et se déclarent au minimum 48h après l’admission. Et plus la durée de l'hospitalisation augmente, plus le risque de s'infecter à l'hôpital est plus gros. 

Des infections évitables ? 

Les infections liées aux soins sont généralement causées par deux types de bactéries : 

  • Les bactéries exogènes qui proviennent de l’extérieur, des soignants ou du matériel par exemple
  • Les bactéries endogènes qui viennent du patient lui-même. Ces bactéries sont les plus difficiles à combattre

Selon certaines études, seules 20 à 30% de ces infections seraient évitables. Pour les autres, le nettoyage systématique des mains et l’utilisation maîtrisée des antibiotiques ne seraient tout simplement d’aucune efficacité. Au Cameroun, si l'on ne dispose d'aucune donnée sur la prévalence de ces infections dans les hôpitaux, nombreux sont les Camerounais qui ont découvert les maladies nosocomiales ces derniers mois. Notamment depuis la mort de Wes Madiko, le deuxième artiste africain à avoir remporté un disque de diamant en France, en 1997. Connu notamment pour son titre Alane, le chanteur camerounais est décédé le 25 juin dernier, à l’âge de 57 ans, des suites d’une opération chirurgicale due à une infection nosocomiale, selon nos confrères du média Le Bled Parle.

Que ce soit à Douala ou à Yaoundé, il n’est pourtant pas rare d’entendre des patients se plaindre d’être entrés à l’hôpital avec une maladie et “en ressortir avec une autre“. Depuis l’apparition du Covid-19 dans le pays, de nombreuses personnes ont déserté les centres de santé par peur d'une contamination.