Il est difficile d'identifier le diabète sans faire un dépistage régulier
Il est difficile d'identifier le diabète sans faire un dépistage régulier

Diabète : Plus de 3% des Sénégalais sont concernés !

Malgré les efforts réalisés dans la lutte contre le diabète au Sénégal, les malades ont difficilement accès aux soins.

Badr Kidiss
Rédigé le

Il gagne du terrain ! Depuis quelques années, le diabète explose au Sénégal. Aujourd'hui, plus de 3% des Sénégalais sont concernés par cette maladie, selon le Professeur Seydou Nourou Diop, diabétologue et ancien directeur du centre de prise en charge des personnes diabétique, Marc Sangaré. Ce chiffre pourrait même être revu à la hausse puisque l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait, en 2016, que plus de 5% de la population sénégalaise était diabétique. Au niveau continental, le diabète est même à l'origine de 10% des morts, et selon les estimations, le nombre de diabétiques pourrait carrément dépasser les 42 millions en Afrique, d’ici 2040.

Le diabète se caractérise par un taux de sucre dans le sang trop élevé mais, il est difficile de l'identifier sans faire un dépistage régulier. Non traité, la maladie peut entraîner plusieurs complications : troubles de la vue, maladies cardiaques, amputations voire, une greffe de reins. Et c'est encore plus inquiétant, quand on sait que 30% de la population souffre d'hypertension, alors que le mariage diabète-hypertension favorise les risques cardiovasculaires. 

Un traitement hors de prix

Si le Sénégal peut se vanter d'avoir réaliser des progrès dans la prise en charge du diabète, la plupart des malades sont privés d'accès aux soins et de traitements adaptés. En plus des médicaments qui sont très chers, les appareils de contrôle de la glycémie sont aussi coûteux. Résultat, bon nombre de diabétiques ne se soignent pas ou préfèrent recourir à la médecine traditionnelle. 

Ces patients qui font appel à des tradithérapeutes espèrent souvent une guérison définitive, en avalant différentes sortes de mixtures censées baisser leur glycémie. Mais cela peut au contraire favoriser les complications dues au diabète. Face à ces croyances, plusieurs opérations de sensibilisation seront menées dans les quartiers afin de "gagner la bataille contre l'ignorance pour mieux combattre le diabète", explique Baye Oumar Guèye, président de l’Association sénégalaise de soutien et d’assistance aux diabétiques (Assad). Et c'est tout ce qu'on espère !