Noma au Cameroun : Une chirurgie pour une nouvelle vie

Le Docteur Philippe Bellity et l'association Noma Fund organisent une campagne d'opérations de reconstruction à l’hôpital militaire de Douala pour les victimes du noma.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
Noma au Cameroun : Une chirurgie pour une nouvelle vie

Bientôt la délivrance pour de nombreux enfants atteints du noma ! Cette maladie, dont le nom est issu du mot grec Nomein, qui signifie "dévorer", touche principalement les enfants souffrant de malnutrition, d’un mauvais état de santé général et d’une mauvaise hygiène bucco-dentaire. C'est sans doute pour cela que ce mangeur de sourire est également appelé "la maladie de la pauvreté". Chaque année, le noma touche plus de 140.000 enfants dans le monde, âgés essentiellement de 2 à 6 ans. Facile à soigner, ce mal tue 90% des cas, parce qu'il n'est pas connu. 

Des enfants "sans visage"

Pour lutter contre ce fléau qui détruit le visage, Roger Milla, Joseph-Antoine Bell et le Dr Georges-Barthélémy Nko’Ayissi ont créé l'association Noma Fund, en 2019. En début d'année, l'association avait notamment lancé un appel au don mondial pour sauver les vies de ceux qu'on appelle pudiquement les enfants "sans visage". Et aujourd'hui, Noma Fund invite des chirurgiens de l'association française "Les enfants du Noma" à opérer sur le sol camerounais. 

"Le contact entre Noma Fund et les enfants du Noma s’est fait par le président de l’Ordre National des Médecins du Cameroun, le Dr Guy Sandjon", précise Joseph-Antoine Bell, ancien footballeur camerounais et co-fondateur de Noma Fund. 

Si la date des futures opérations chirurgicales n'a pas encore été dévoilée, on sait néanmoins que l'hôpital militaire de Douala a été choisi pour accueillir les spécialistes français. En parallèle, Noma Fund espère ouvrir, début 2022, un hôpital de référence qui permettra d'assurer la prise en charge complète et gratuite des soins de chirurgie, de reconstruction faciale et de rééducation des malades du Noma, originaires de tout le contient africain. Sa construction est prévue sur un terrain proche de l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen, mis à disposition par l'Etat camerounais. "L'OMS ainsi que la Fédération Internationale No-Noma et la Fondation Winds of Hope, nous ont également assuré de leur soutien", précise Roger Milla.