Découverte au Cameroun d'un phytomédicament contre la fièvre typhoïde

Un jeune docteur en microbiologie a présenté, à Yaoundé, un médicament à base d'une plante africaine qui serait efficace contre la fièvre typhoïde.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le
La fièvre typhoïde tue chaque année plus de 120.000 personnes dans le monde
La fièvre typhoïde tue chaque année plus de 120.000 personnes dans le monde  —  MSF

De l’espoir pour les personnes souffrant de la fièvre typhoïde. Un médicament pouvant combattre cette maladie a été dévoilé au Cameroun. C’était à l’occasion de la soutenance de la thèse de doctorat en microbiologie médicale de Michel Arnaud Mbock, le 26 juillet dernier à l'Université de Yaoundé 1. Devant un jury présidé par le Pr François Xavier Etoa, le jeune enseignant-chercheur originaire de la commune de Biyouha a présenté ses travaux de recherche qui ont porté sur "l’évaluation de l’activité anti salmonellose d’une plante médicinale"

Partant du constat selon lequel les Camerounais respectent de moins en moins les mesures d’hygiène, ont du mal à accéder aux médicaments et peuvent résister aux antibiotiques, cet enseignant-chercheur a proposé un phytomédicament ou médicament traditionnel amélioré pour le traitement de la fièvre typhoïde, une maladie grave causée par causée par une bactérie appelée Salmonella Typhi qui se propage par des aliments et de l'eau contaminés et un mauvais assainissement. 

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Une infusion contre la fièvre typhoïde

Le médicament imaginé par l'enseignant-chercheur est une infusion faite à base d’une plante appelée Détarium microcarpum. Recommandée pour traiter de nombreuses pathologies, cette plante - qui est aussi connue sous le nom de petit détar, détar doux ou arbre à suif - pousse naturellement dans les régions les plus sèches d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Mais même si on lui prêtait déjà de nombreuses vertus médicinales, cette plante médicinale n'avait jamais été associée à la fièvre typhoïde. Jusqu'à ce que Michel Arnaud Mbock s'y intéresse et réussisse à créer un phytomédicament, c'est-à-dire un médicament à base de plante. 

"Au terme de l’évaluation objective et sans complaisance, le jury accepte la thèse de Michel Arnaud Mbock et par conséquent, lui décerne le grade de docteur en microbiologie avec mention très honorable", explique le Pr François Xavier Etoa. Une thèse qui a permis aussi à son auteur d'être aussi repris dans deux revues scientifiques, dont notamment Z. Naturforsch. C. Mais maintenant que son phytomédicament a été présenté, encore faut-il des preuves solides pour que ce traitement soit recommandé soit recommandé contre le fléau qu’est la fièvre typhoïde.