Le cache-nez en tissu pagne est en vogue depuis quelques semaines dans toutes les grandes villes (photo d'illustration)
Le cache-nez en tissu pagne est en vogue depuis quelques semaines dans toutes les grandes villes (photo d'illustration)

Coronavirus : moins cher que le "cache-nez", le masque en tissu s’arrache au Cameroun

Accessible et réutilisable, le masque en tissu-pagne se procure sans souci de contrôle qualité, du fait du coût élevé du cache-nez en pharmacie.

Marinette Nguimfack Standley
Rédigé le , mis à jour le

Au Cameroun, les masques en tous genres sont dans toutes les têtes, et chaque jour sur de nouveaux visages. D'abord, Le cache-nez à usage unique ou masque chirurgical dont l'efficacité varie de 3 à 6 heures, est vendu en pharmacie, à 1000 francs  voire 1500 francs CFA la pièce. Une somme que même les nantis déboursent non sans murmurer leur mécontentement !

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En effet, avant la crise, un cache-nez ne valait pas plus de 500 francs CFA. C’est ce que nous rapporte un usager, donc l’activité quotidienne requiert le port du masque : “On achetait ça parfois à 200 francs. Maintenant qu’il y a la maladie, ils augmentent les prix pour s’enrichir”, déplore-t-il, l’air dépité. Cette flambée des prix, pénible, a conduit de nombreux Camerounais à se tourner vers des masques en tissu pagne. Objectif: se couvrir le nez et la bouche pour se protéger du Coronavirus, et éviter toute amende, vu que le cache nez est désormais obligatoire.

Les masques en tissu-pagne "à la mode"

Moins chers et à la portée de toutes les bourses, le cache nez en tissu pagne, de fabrication locale, est en vogue depuis quelques semaines dans toutes les grandes villes du triangle national. Parce qu'il est économique, les citoyens obligés de sortir pour vaquer à leur occupations ou faire des courses, ont opté pour son utilisation.

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Disponible à 500 francs l’un ou encore 1000 francs CFA les 3, le prix du masque en tissu est fixé selon sa forme, la matière utilisée pour sa confection, et la norme de fabrication. Peu coûteux,  il est utile chaque jour après désinfection, lavage et repassage. Autre effet bénéfique, sa nécessité au quotidien a apporté du sourire dans les maisons de couture, où l’activité tournait au ralenti, du fait des festivités annulées (mariages, deuils et funérailles…), et du confinement.

Attention au masque hors normes

Depuis qu’il a été rendu obligatoire, le masque en tissu pagne n'est plus uniquement confectionné par les spécialistes de la coupe. Beaucoup d’artisans ont saisi l'opportunité et se sont reconvertis. Ils confectionnent des masques, à l’aide d'étoffes diverses, le plus souvent sans doublures de protection ou filtrage adapté pour respirer ou parle. Ils les vendent au prix unitaire de 100 francs CFA. Un montant qui "aveugle" la clientèle peu regardante sur ces défauts de fabrication.

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Au final, inconfortable, ce type de masque se retrouve sous le menton du sujet. Même s'il est bien porté, il protège juste contre de la poussière, et pas vraiment des postillons comportant le virus. Ceci à cause des filtrations qui peuvent laisser passer des gouttelettes respiratoires, soit du malade qui le porte, soit de celui qui lui est proche.

Une recette efficace : la distance sociale !

D’où l’importance de respecter les mesures barrières et la distanciation sociale prescrites ! Et de faire preuve de rigueur dans le choix du masque. Bien fait, il doit être confectionné avec 3 doublures : la viseline (une sorte de filtre en tissu) à l'intérieur pour recouvrir le tissu-pagne et le rendre plus solide et imperméable ainsi que du coton pour le confort au niveau du visage, selon une styliste forte d'une vingtaine d'années d'expérience.

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Par ailleurs pour protéger le secteur du génie pharmaceutique et médical, le Ministre de l’industrie, des mines et du développement technologique, Gabriel Ndoke a signé un arrêté il y’a quelques jours, où il rend d’application obligatoire 14 normes sur la fabrication des gants de protection, masques barrières, masque à usage médical. Des sanctions en vue contre tous les contrevenants. La plus importante étant de se croire protégé... et de ne pas l'être!