Comment le Cameroun tente d'éviter une flambée de choléra

A l'ombre du coronavirus, le choléra continue de faire des ravages au Cameroun. Face à cette situation, les autorités misent sur la vaccination pour protéger les citoyens.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
A Douala, de nombreuses personnes vivent dans l'insalubrité (photo d'illustration)
A Douala, de nombreuses personnes vivent dans l'insalubrité (photo d'illustration)

Il fait toujours des ravages dans le pays ! Le choléra menace la santé des Camerounais depuis de nombreuses décennies. Aujourd'hui encore, des millions de Camerounais n'ont pas toujours accès à l'eau potable et vivent dans l'insalubrité et la promiscuité. Et à l'approche de "la petite saison de pluie", le coronavirus (Covid-19) fait craindre le pire, vu qu'il vampirise la majorité des ressources sanitaires du pays. 

Pour tenter de limiter les dégâts, les autorités multiplient leurs efforts pour en finir avec ce mal. Une campagne de vaccination a notamment été lancée le 25 mars dernier dans les régions du Littoral, du Sud et du Sud-Ouest. Cette opération, qui est la deuxième du genre après celle d'août dernier, cible les personnes âgées d’un an et plus, ainsi que les femmes enceintes. “Pour atteindre l’objectif de riposte et de protection contre le choléra, il faut deux tours de vaccination. Lors du  premier tour, il y avait déjà 779 cas dont 44 décès. La norme prévoit un espace d'au moins 14 jours entre 2 tours“, rappelle James Longsi, le point focal de la surveillance épidémiologique dans la région du Littoral.

 

 

Une dangerosité "minimisée"

Si la vaccination contre le choléra devrait permettre d’endiguer la progression de l’épidémie, encore faut-il pouvoir vacciner  les Camerounais. Pour l'heure, de nombreuses personnes  "minimisent" la dangerosité du choléra, comme l'explique Baba Zenabou, agente communautaire à New Bell, un quartier de Douala et l’un des districts les plus touchés par le choléra, à nos confères du journal Lemonde. Pourtant, le choléra est une maladie grave et très contagieuse. Non traitée, elle peut provoquer la mort en moins de 24 heures.  

Face à cette situation, les autorités sanitaires jouent la carte de la prévention et rappellent les mesures barrières contre le choléra : se laver les mains avant les repas et lorsque l’on sort de toilettes, traiter l’eau avant son utilisation, laver les légumes et les fruits avant de les ingérer et bien cuire les repas avant de manger.