Cameroun, RD Congo, Centrafrique... ces pays africains où la variole du singe sévit en 2022

Sept pays africains ont signalé à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) plus de 1.400 cas de variole du singe depuis le début de l'année.

Badr Kidiss
Badr Kidiss
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Mission d’investigation d'experts de l'Institut Pasteur de Bangui autour d’un cas de Monkeypox dans un village pygmée à Toma dans la commune de Ndolobo en juin 2017
Mission d’investigation d'experts de l'Institut Pasteur de Bangui autour d’un cas de Monkeypox dans un village pygmée à Toma dans la commune de Ndolobo en juin 2017  —  Institut Pasteur de Bangui/Jean-Marc Zokoué

Elle gagne du terrain en Afrique. La portée géographique de la variole du singe s'élargit sur le continent. Au Nigéria, cette zoonose virale était signalée habituellement dans le sud du pays jusqu'en 2019. Mais depuis, le virus s'est étendu aux régions du centre, de l'est et du nord du pays. Si bien qu'en 2022, 21 cas confirmés  ont déjà été enregistrés. 

D'autres cas ont également été confirmés, depuis le début d'année, au Cameroun, en République Centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Liberia, au Nigéria, en République du Congo et en Sierra Leone. Mais alors que la maladie a fait son apparition dans des pays non endémiques en Europe et en Amérique du Nord, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à ne pas oublier l'Afrique. 

"Nous devons éviter d’avoir deux ripostes différentes à la variole du singe – une pour les pays occidentaux qui ne connaissent pas de transmissions importantes et une autre pour l’Afrique", estime la Dre Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour le continent africain. 

Depuis l'éradication mondiale de la variole en 1979, la variole du singe est devenue l'infection à orthopoxvirus la plus répandue chez l'homme. La vaccination contre la variole s'est avérée protectrice contre la variole du singe et un nouveau vaccin contre ces deux maladies a été approuvé mais n'est pas encore largement disponible. 

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"Il est essentiel que le continent ait un accès égal aux vaccins efficaces contre la variole du singe et que nous nous assurons que les doses parviennent à toutes les communautés dans le besoin au niveau mondial. Si des parties du continent ont pu développer une certaine immunité contre la maladie, certaines populations sont particulièrement vulnérables, comme les professionnels de santé et les contacts des cas", explique la Dre Moeti. 

Quand la nature se remet à nous faire peur

Détectée pour la première fois chez l'homme en 1970, la variole du singe apparaissait de manière sporadique dans certains pays du continent. Puis, en 2017, il y a eu un pic soudain, avec plus de 2.800 cas signalés dans cinq pays africains. Cette flambée s'est poursuivie, atteignant un pic en 2020 avec plus de 6.300 cas. La République démocratique du Congo concentrait, à elle seule, 95 % du nombre total de cas signalés. Les chiffres ont ensuite chuté l'année dernière pour atteindre environ 3.200 cas. 

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Pour le moment, les raisons des flambées soudaines de variole du singe ne sont pas entièrement connues. Mais selon l'OMS, elles peuvent être dues à la déforestation et à l’empiètement des populations sur les habitats des animaux hôtes de la variole du singe.