Les mentalités doivent encore évoluer pour mettre fin aux violences sexuelles (Image d'illustration)
Les mentalités doivent encore évoluer pour mettre fin aux violences sexuelles (Image d'illustration)

Au Sénégal, on sensibilise contre les violences sexuelles !

Une campagne d’explication de la loi criminalisant le viol et la pédophilie est en cours au Sénégal. Objectif : éduquer les populations aux violences sexuelles pour mieux protéger les plus jeunes et les femmes !

Alicia Mihami
Rédigé le , mis à jour le

Le Sénégal  veut faire bouger les mentalités ! A l’occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre dernier, une campagne de vulgarisation de la loi criminalisant le viol et la pédophilie a été lancée au Sénégal.  Il y a à peine un an, le pays a décidé de faire du viol et de la pédophilie des crimes.

Jusque là, ces violences sexuelles n’étaient considérées que comme des délits et punis par des peines de prison de 5 à 10 ans. Grâce au travail des associations, le viol et la pédophilie sont désormais des crimes, passibles de prison à perpétuité. 

Informer les populations

Mais changer la loi ne suffit pas : c’est auprès de la population qu’il faut agir pour faire changer les mentalités ! Lancée à l’occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, la campagne de sensibilisation dure jusqu’au 10 décembre.

Le but est d’informer les populations : “Le plus gros défi, c'est la dénonciation", explique Djenaba Wane Ndiaye, coordinatrice d’ONU Femmes au Sénégal. "Au niveau de nos sociétés, on utilise beaucoup la médiation sociale pour régler les problèmes en famille. Finalement, on est dans l'impunité.” Le Sénégal met donc l’accent sur la sensibilisation, pour faire comprendre aux victimes qu’elles peuvent dénoncer leur agresseur et qu'il sera puni ! 

Un problème de santé publique

En 2019, plus de 1200 cas de viol ont été recensés à travers le pays. Mais ce chiffre est probablement très en dessous de la réalité, car les victimes sont encore trop souvent encouragées à se taire, à avoir honte de ce qui leur est arrivé ou même accusées de mentir. 

Les violences sexuelles ont de graves conséquences pour la santé : grossesses non désirées et donc parfois avortements clandestins, maladies et infections sexuellement transmissibles... En Afrique, les femmes représentent 59% des nouvelles infections au VIH, notamment parce qu’elles sont victimes de violences sexuelles. Alors pour que la honte change de camp, ces campagnes de sensibilisation sont cruciales !