Au Congo-Brazzaville, le Centre de référence de la drépanocytose suscite de l’espoir

Ouvert il y a cinq ans, le Centre national de référence de drépanocytose dresse son premier bilan.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
Au Congo, le Centre de référence de la drépanocytose fait germer l’espoir
Au Congo, le Centre de référence de la drépanocytose fait germer l’espoir  —  OMS / D. Siemeni

C’est une nouvelle qui suscite beaucoup d’espoir. La drépanocytose perd du terrain en République du Congo. C’est ce que l’on retient du discours d'Alexis Elira Dokekias, directeur général du Centre national de référence de drépanocytose (CNRD) Antoinette-Sassou-N’Guesso. Rattaché au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville mais jouissant d’une autonomie de gestion, le CNRD est un centre médical spécialisé à vocation de guichet unique pour toutes les personnes qui sont atteintes de la drépanocytose.

Le Professeur Dokekias, qui dressait le bilan de ses 5 ans d’activité au sein du Centre, a dévoilé des statistiques qui rassurent."Grâce à l’appui de l’épouse du chef de l’Etat, Antoinette Sassou N’Guesso, nous faisons un travail considérable dans le traitement et le suivi des patients atteints de la drépanocytose. Ainsi, cinq ans d’existence, notre centre n’a enregistré que six décès à ce jour. Mais, parmi ces morts, deux ont été atteints du coronavirus. Les efforts consentis ont réduit considérablement la mortalité due à cette maladie génétique", a assuré ce responsable cité par le journal Les dépêches de Brazzaville. De quoi faire plaisir à la chanteuse franco-algérienne Lyna Mahyem, porte-drapeau de la première maladie génétique dans le monde. 

La drépanocytose est une maladie génétique de l’hémoglobine qui touche la plupart des pays de la région africaine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle cause une déformation des globules rouges en leur donnant la forme d’une faucille, ce qui perturbe le transport d’oxygène dans le sang et augmente la susceptibilité à la formation de caillots. La majorité des enfants atteints de la forme la plus grave de la maladie meurent avant l'âge de 5 ans, généralement d'une infection ou d'une perte de sang grave. Selon les experts, plus de 25 % de la population congolaise, soit 1,4 million de personnes, présente un trait drépanocytaire.

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"L'espoir est permis"

Le Centre national de référence de drépanocytose Antoinette-Sassou-N’Guesso prend en charge 32.000 drépanocytaires répartis dans les villes de Brazzaville (23.000), Pointe-Noire (5.000), Dolisie et Nkayi (4.000).

“Nous avons dit aux parents de ces enfants qu’avec la drépanocytose, l’espoir est désormais permis. Actuellement, parmi les patients drépanocytaires que nous suivons, il y a un homme de 81 ans vivant à Talangai. L’autre patient qui est sous notre contrôle est une femme âgée de 79 ans. Cette maman qui habite Makélékélé a fait six enfants et plusieurs d’autres drépanocytaires que nous suivons, ils ont déjà dépassé 60 ans“, indique le Pr Elira Dokekias. 

Mais tout n’est pas rose pour les drépanocytaires. Lors de la commémoration de la Journée mondiale consacrée à cette maladie le 19 Juin dernier, l’Association de Lutte contre la drépanocytose réclamait l'instauration du dépistage chez les nouveau-nés. Car malgré l'arrivée nouveaux traitements, la maladie tue encore beaucoup d'enfants sur le continent. Jusqu'à quand ?