A Dakar, l'hôpital Fann veut mieux traiter les déchets biomédicaux

La gestion des déchets biomédicaux est un enjeu de santé publique dans les quatre coins de l'Afrique. Au Sénégal, l'hôpital Fann de Dakar vient d'être équipé d'une machine dotée d'une grande capacité d'incinération.

Barou Dembélé
Rédigé le , mis à jour le
Le nouvel incinérateur de l'hôpital de Fann
Le nouvel incinérateur de l'hôpital de Fann  —  Ministère de la Santé du Sénégal

Ils explosent. Les déchets biomédicaux (DBM), qui comprennent tous les les déchets issus des activités de diagnostic, suivi et traitement dans les domaines de la médecine humaine et vétérinaire, sont de plus en plus nombreux en Afrique. Car l’épidémie de Covid-19 a démultiplié le recours aux équipements de protection (masques, visières, gants, blouses...). Si bien qu'on estime que plus de 100.000 masques anti-Covid sont jetés chaque mois dans la nature, un peu partout sur le continent.  

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les déchets dangereux – qui sont composés de matières infectieuses, toxiques ou radioactives – représentent environ 15 % des déchets médicaux. Au Sénégal et dans beaucoup de pays africains, ce taux peut être revu à la hausse, en raison des mauvaises pratiques de traitement des déchets dans de nombreux hôpitaux du continent. 

Mais à Dakar, les autorités ont décidé de prendre (enfin) le taureau par les cornes. Le centre hospitalier national universitaire de Fann a été équipé d'un nouvel incinérateur de déchets. Présenté il y a quelques jours aux journalistes, cet appareil "a été réceptionné et installé depuis novembre 2021", a précisé le directeur de l'hôpital, Cheikh Tacko Diop. 

Un incinérateur "écolo"

Cet appareil peut "brûler les déchets jusqu’à plus de 1100 degrés". Et l’eau chaude sortie de la machine est "réutilisable", explique Oumar Dabo, technicien chargé de l’exploitation du nouvel appareil. Grâce à sa "capacité journalière de 500 kilogrammes, l’incinérateur prend en charge entièrement les déchets de l’hôpital, sans gêner notre voisinage immédiat", précise Cheikh Tacko Diop, qui le décrit comme un appareil "écolo". 

Mais même si on est amoureux de cette acquisition et de ses avantages, on peut tout de même souligner ses inconvénients : les incinérateurs de déchets de soins de santé peuvent, dans certains cas, émettre des dioxines et des particules très nocives. D'où l'importance d'avoir des techniciens biomédicaux compétents. Et justement, ces mécanos de l'hôpital ont récemment bénéficié d'une nouvelle formation. 

Avec ce nouvel incinérateur, l'hôpital de Fann pourra-t-il traiter tous ses déchets ? Difficile d'y répondre. Selon les derniers chiffres de l'OMS, environ 60% des établissements de santé en Afrique ne sont pas armés pour gérer toutes les quantités de déchets existantes. Jusqu'à quand ?