Le repassage des seins peut avoir des conséquences très graves sur la santé
Le repassage des seins peut avoir des conséquences très graves sur la santé

"Repassage des seins", une mutilation méconnue mais dangereuse !

Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, une tradition ancestrale consiste à "repasser" les seins naissants des jeunes filles en pleine croissance afin de freiner le développement de leurs poitrines.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

C'est de la torture ! Le "repassage des seins", qui a pour but de freiner l’apparition des seins et diminuer leur volume chez les jeunes filles, est une mutilation pratiquée essentiellement en Afrique, notamment au Cameroun, au Togo, au Bénin et au Tchad. Réalisé généralement dans l'intimité familiale, entre femmes, le repassage des seins consiste à utiliser des objets qui ont été chauffés pour masser la poitrine de la jeune fille. L'objectif des familles est simple : en essayant de "rajeunir" artificiellement le corps d'une jeune fille, retarder la date d’un éventuel mariage ou celle de la naissance d’un enfant. 

Si cette opération dangereuse est ancestrale, elle n'a été pourtant dévoilée qu'en 2006 par l'Agence de coopération internationale allemande (GIZ). Ce qui explique sans doute l'absence de cette pratique dans la liste des mutilations sexuelles féminines (MSF) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Faire souffrir et abîmer le corps

Car si l'excision, c'est-à-dire l'ablation partielle ou totale des organes sexuels externes de la femme, suscite l'intérêt de la communauté internationale, ce n'est pas forcément le cas du repassage des seins. Cette pratique méconnue est assez peu médiatisée par rapport aux autres mutilations.

Pourtant, le repassage des seins colle parfaitement à la définition des mutilations sexuelles féminines (MSF) de l'OMS qui les qualifie comme étant des «interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales»

Un quart des femmes victimes au Cameroun ?

Au Cameroun, 25% des femmes âgées de 8 à 15 ans auraient été victimes de cette coutume, au nom du mariage et de la grossesse précoce. Et contrairement aux idées reçues, cette mutilation génitale féminine ne présente aucun avantage pour la santé. Elle est plutôt préjudiciable à bien des égards aux jeunes filles et aux femmes.

Elle peut être responsable d'un cancer du sein, de douleurs mammaires, de séquelles physiques mais aussi, de graves blessures psychologiques. Pour le moment, l'Etat minimise le phénomène et n'a toujours pas ratifié une loi qui interdit ou condamne cette pratique. Mais plusieurs associations appellent à laisser les filles... être des filles.