Quel est l'impact des écrans sur le cerveau de votre enfant ?

Agressivité, troubles du sommeil, insomnie précoce, irritabilité… Et si tout cela était dû aux écrans ? La docteure Imane Kendili, psychiatre et addictologue, nous explique l’impact des écrans sur les enfants.

Sabrina El Faïz
Rédigé le , mis à jour le
La surexposition aux écrans des enfants en bas âge a de graves conséquences (Image d'illustration)
La surexposition aux écrans des enfants en bas âge a de graves conséquences (Image d'illustration)

Ils sont bruyants, parfois grincheux, veulent souvent jouer… les enfants demandent beaucoup d'attention et l’énergie n’est pas toujours au rendez-vous pour s’en occuper ! Avec le télétravail, autant dire que cette situation est encore plus difficile à gérer. Alors parfois, la solution la plus simple est de mettre son enfant face à un écran, pour l’occuper et le calmer. Sauf que cet écran qui le "calme" en apparence, a un impact négatif sur le cerveau du tout petit.

Les conséquences physiologiques sont nombreuses. "Imaginez l’impact sur un enfant de deux ans qui passe la journée à voir des images sur un téléphone : la sérotonine qui baisse suite à l'exposition aux écrans. La baisse de sérotonine est détectable à des troubles du sommeil chez les enfants à des âges précoces dont l'insomnie, les terreurs nocturnes, mais aussi l'irritabilité, l'impulsivité et les troubles du comportement dont l'agressivité", explique la docteure Imane Kendili, psychiatre et addictologue, et vice-présidente du Centre africain de recherche en santé.  

Les écrans, une drogue pour les enfants

Addiction, perturbations du cerveau, troubles envahissants de développement chez l’enfant, troubles du langage sont autant de cas de figure qui découlent d’une surexposition aux écrans. Cela peut notamment avoir un impact lourd sur l'apprentissage à l'école, car les enfants surexposés n'ont plus la capacité d'attention nécessaire. Et les conséquences peuvent se prolonger à long terme.

"Quand l'enfant ne peut plus se passer des écrans, il passe en général de la tablette au smartphone, puis plus tard aux jeux vidéo. Des troubles neuropsychologiques peuvent se mettre en place. Sans scénario pessimiste, il faut garder en tête qu'un pourcentage de ces enfants atterrit en hospitalisation psychiatrique à l'adolescence", avertit la docteure Kendili.  

Quid des dessins animés ?  

Si les écrans ont un effet néfaste sur l’enfant qui y devient, à force, addict, les dessins animés continuent pourtant à être diffusés à longueur de journée sur certaines chaînes. Les parents peuvent trouver des dessins animés pour tout âge, même pour un bébé d’à peine un mois ! Et ce n'est pas bon pour l’enfant lorsqu’il en consomme à outrance. "Je suis pour que nos enfants aient accès à des dessins animés. Mais après 3 ans, et surtout pas plus de 20 minutes par jour", explique la psychiatre à Allodocteurs.Africa.

Idem pour les smartphones, que la médecin conseille vers 14 ans, et les jeux vidéo après 12 ans, tout en suivant des règles strictes de contrôles : pas de violence, pas de nudité, pas de langage agressif, pas d’images dures et traumatisantes. "L'écran ne nous soulage pas de nos enfants, il nous aliène sur la durée dans des troubles graves, voire des maladies. Il y a un cadre et des règles et savoir les imposer est le réel rôle des parents", conclut docteur Kendili.  Comme pour bien d'autres domaines, le maître mot avec les écrans, c'est la modération !