La clinique Ghandi de Casablanca offre une prestation de “suite” aux alentours de 4500 DH
La clinique Ghandi de Casablanca offre une prestation de “suite” aux alentours de 4500 DH

Quand les maternités marocaines rivalisent avec les hôtels 5 étoiles

Savoir où accoucher n’est plus une mince affaire. Il faut choisir sa maternité, sur des critères qui ne sont pas que médicaux, puis payer son choix à prix d’or…

Sarah Jelloul
Rédigé le , mis à jour le

Lorsqu’on parle de guerre des prix, c’est que ces derniers sont sans cesse revus à la baisse… Au Maroc, ce n’est pas toujours le cas : les maternités rivalisent d’ingéniosité pour attirer les futures mamans en jouant sur leurs angoisses et n’hésitent pas à faire flamber les factures.

Les cliniques privées n’en sont plus vraiment et prennent surtout des allures d’hôtels 5 étoiles. Au point qu’on se demande si le jeu n’est pas d’être le plus cher pour briller…

Une suite à 420 euros la nuit

Avec l’augmentation du nombre de césariennes au Maroc (de 35% des accouchements en 2006 à 61% en 2017), les patientes doivent rester sous observation pendant une durée moyenne de trois jours. Des nuitées qu’elles paient au prix fort si elles veulent un minimum de propreté, de sécurité et de prise en charge.

La clinique Ghandi de Casablanca offre ainsi une prestation de “suite” aux alentours de 4500 DH (environ 420 euros) la nuit ! A ce prix, la patiente a droit à une grande chambre au dernier étage de l’établissement avec une salle de bain privée, un salon pour les invités, un réfrigérateur, une machine à café et même un menu personnalisé. Même les établissements français leur envieraient la décoration !

Chambres… ou cellules ?

Pour faire baisser les prix, il faut descendre un peu. Un étage plus bas, se trouvent les “mini-suites” à environ 280 euros avec douches communes. Encore plus bas, on se retrouve à 185 euros, dans les chambres “basiques”. Mais ces dernières n’ont de chambre que le nom. ‘’Ces chambres simples ressemblent à des cellules d’établissements pénitentiaires, c’est comme si indirectement on nous obligeait à prendre une suite”, déplore une future maman, effarée.

La propreté sanitaire fait-elle donc l’objet d’un surcoût ? Ces chambre de “première” et “dernière” classe sont en tout cas devenues la norme. Il en va de même dans la plupart des cliniques privées de la principale ville économique du pays. A force de privilégier l'hôtellerie à la santé, vont-elles bientôt réclamer des étoiles?