Au Maroc, une grande partie des diabétiques se retrouvent, malgré tout, livrés à eux-mêmes.
Au Maroc, une grande partie des diabétiques se retrouvent, malgré tout, livrés à eux-mêmes.

Maroc : Moins d’un million de diabétiques pris en charge

Le nombre de personnes atteintes de diabète au Maroc ne cesse de croître. Malgré une prise en charge minime, le pays se vante d’améliorer son régime d’assurance.

Sarah Jelloul
Rédigé le , mis à jour le

Il n’y a pas de maladie honteuse. Et pourtant les autorités marocaines semblent détourner les yeux du diabète. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 2 millions de marocains sont touchés par cette pathologie et la moitié d’entre eux ne le sait même pas. Et pour cause : aucune campagne de sensibilisation majeure n’a été lancée dans le pays!

La culture locale dit souvent que ce qui n'est pas visible à l’œil nu, ne peut faire de mal. Il en va de même pour la santé. Lorsqu’un citoyen apprend qu’il est atteint d’une maladie, il doit commencer à dépenser de l’argent. Or, dans la plupart des foyers et au vu du niveau des frais médicaux dans le pays, il s’agit déjà d’un passage inabordable. On préfère donc simplement ''ignorer'' ce mal espérant que cela passera avec le temps. 

Une prise en charge insuffisante 

Résultat : seuls 823.000 diabétiques sont encadrés dans les établissements de soins de santé primaires. Soit moins de 50% des malades. 60% des pris en charge dépendent du Régime d’assistance médicale (RAMED) et 350.000 sont insulino-traités (patients dont les soins dépendent de l'insuline). 

Pourtant, l’Etat fait bien un effort financier. Il a alloué un budget annuel de 156,7 millions de dirhams (soit un peu plus de 14 millions d’euros) pour l’achat de l’insuline et des antidiabétiques oraux et 15 millions de dirhams (environ 1,3 million d’euros) pour l’acquisition du matériel médico-technique et des réactifs pour garantir le dépistage du diabète. Faute d’information et de simplification de la prise en charge, une grande partie des diabétiques se retrouvent, malgré tout, livrés à eux-mêmes.