Les maladies mentales touchent de plus en plus de Gabonais

À l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, le pays a exposé les statistiques de sa lutte contre les pathologies mentales.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le
Un homme dépressif
Un homme dépressif  —  Shutterstock

Des chiffres qui inquiètent. Le nombre de personnes souffrant d'une maladie mentale tend à s’accroître au Gabon. Le Centre National de Santé Mentale (CNSM) de Mélen, à Libreville - principal lieu de prise en charge du Gabon - en a recensé 4 145. Soit 715 de plus qu’en 2020. La Dre Reine Dope-Koumoue, responsable du CNSM, précise que 5 malades dont 3 hommes et 2 femmes sont décédés l’année passée. Ces chiffres ont été communiqués lors de dernière édition de la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre.  

La Dre Reine Dope-Koumoue précise que son centre reçoit essentiellement des individus atteints de psychose. Il s'agit plus précisément de jeunes qui en souffrent après avoir consommé des substances psycho-actives comme les drogues. La psychiatre fait cependant savoir que "cette population est très reçue au centre mais n'est pas représentative des personnes qui viennent consulter". 

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Des problèmes à n’en plus finir

Les autorités sanitaires font du mieux qu’elles peuvent pour contenir la vague montante des pathologies mentales. Courant mai, elles ont mis en place le 13 24, un numéro d’appel gratuit à destination des personnes angoissées, en détresse psychique ou ayant des pensées suicidaires.

À cette occasion, un appel a été lancé aux familles afin qu’elles participent à la prise en charge des personnes concernées de leur entourage. Reste qu’il y a encore beaucoup de choses à faire dans le secteur de la santé mentale.   

Par exemple, il faut multiplier les centres de soins dans ce pays qui n’en compte que deux, dégager plus de moyens financiers, former un plus grand nombre de personnel soignant qualifié, rendre plus accessibles les médicaments. Les ONG et associations qui font la promotion de la santé mentale relèvent que "les besoins sont énormes". Elles rappellent : "sans santé mentale et sans bien-être, il n’y a pas de vraie santé".