Le vaccin de Sinopharm serait efficace à 79%

Le vaccin anti-covid développé par le laboratoire chinois Sinopharm serait efficace à 79%. Un résultat qui pourrait décevoir les pays africains, qui devraient être les premiers bénéficiaires du vaccin chinois.

Alicia Mihami
Rédigé le , mis à jour le
Le vaccin de Sinopharm est très attendu au Maroc (photo d'illustration)
Le vaccin de Sinopharm est très attendu au Maroc (photo d'illustration)

Moins efficace que Pfizer et Moderna  ! Le laboratoire chinois Sinopharm a annoncé mercredi 30 décembre les résultats des tests pour l'un de ses vaccins anti-Covid, qui devrait être diffusé en Chine et dans les pays en développement. "L'efficacité de notre vaccin est de 79,34%", a indiqué dans un communiqué l'Institut des produits biologiques de Pékin, la filiale du groupe pharmaceutique chargée de sa conception.

Ce chiffre est inférieur à ceux des vaccins des laboratoires Pfizer/BioNTech (95% d'efficacité) et Moderna (94,1%). Le britannique Astrazeneca, associé à l'Université d'Oxford, a pour sa part revendiqué un taux d'efficacité de 70%, mais qui pourrait atteindre 100% avec deux doses. De nouveaux tests sont d'ailleurs en cours pour réévaluer l'efficacité du vaccin britannique, qui a néanmoins déjà été approuvé par Londres. 

Mauvaise nouvelle pour l'Afrique ? 

Ces résultats pourraient décevoir certains gouvernements africains ! Le continent sera le premier bénéficiaire du vaccin chinois, qui n'a pour l'instant pas vocation à être distribué en Occident. La Chine s'est en effet engagée à faire des vaccins développés par ses laboratoires des "biens publics mondiaux" qui seront proposés "à prix raisonnable voire offerts" aux pays en développement. Le Maroc notamment a misé une bonne partie de sa stratégie vaccinale sur le vaccin produit par Sinopharm, en commandant plus de 10 millions de doses au laboratoire chinois. 

La filiale de Sinopharm a précisé "avoir envoyé une demande officielle de mise sur le marché" à l'administration chinoise chargée des médicaments. Son vaccin est dit "inactivé". C'est-à-dire qu'il utilise une méthode très classique faisant appel à un virus "tué" pour déclencher une réaction immunitaire chez le sujet. Si aucun n'a encore reçu d'approbation pour une mise sur le marché, les autorités chinoises ont toutefois donné leur feu vert cet été à l'utilisation de certains vaccins chinois pour les besoins jugés "urgents". Au moins un million de soignants, d'employés effectuant un métier à risque, ou encore d'étudiants et diplomates devant se rendre à l'étranger ont ainsi pu se faire injecter un vaccin expérimental, selon le gouvernement.