Le diabète est un enjeu de santé publique à La Réunion (Illustration)
Le diabète est un enjeu de santé publique à La Réunion (Illustration)

Le diabète à La Réunion, "Une personne sur trois est concernée"

Le diabète est un enjeu de santé publique à La Réunion. Aidée par un terrain génétique favorable, cette maladie chronique ne cesse de se développer.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

Les chiffres sur le diabète à la Réunion sont alarmants: une personne sur trois est diabétique et la majorité ignore la maladie. Allodocteurs.Africa fait le point avec une médecin, la docteur Anna Flaus-Furmaniuk.

AlloDocteurs. Africa : Vous suivez l'évolution du diabète à la Réunion, quelles sont vos observations ? 

Docteur Anna Flaus-Furmaniuk : Le diabète à la Réunion est très fréquent, et malheureusement la majorité des diabétiques ne sont pas au courant du diagnostic. Donc, on le découvre souvent pendant l'hospitalisation avec des décompensations aiguës. On remarque aussi que les patients diabétiques sont de plus en plus jeunes et pas forcément obèses. Il est de plus en plus fréquent d'avoir des patients diabétiques âgés de 30 ou 35 ans avec des complications très sévères comme l'infarctus du myocarde". 

AlloDocteurs.Africa : Quels sont les symptômes d'une personne diabétique ? 

Dr. F. : Le patient vient souvent suite à un amaigrissement qui évolue depuis quelques semaines ou quelques mois, et il présente généralement un syndrome polyuro-polydipsique (c'est-à-dire une soif plus importante). Parfois, ça passe inaperçu. Le patient se dit qu'il se boit plus parce qu'il fait très chaud. Mais en général, la perte de poids est souvent remarquée par l'entourage

AlloDocteurs.Africa : On dit qu'il y a des prédispositions au diabète à la Réunion...

Dr. F. : Oui, à la Réunion, nous avons une population avec une très forte mixité ethnique. Il y a un mélange génétique très important, qui est assez unique dans le monde. On pense du coup qu'il y a une certaine prédisposition génétique car on rencontre davantage de diabète chez des sujets jeunes qui sont maigres. On peut avoir des cas de diabète de type 2 qui ne nécessitent pas de traitement à l'insuline chez des personnes qui ont un poids normal voire faible. A titre d'exemple, l'étude REDIA a comparé -en 2001- la prévalence du diabète chez les patients réunionnais et ceux de la métropole, on avait 5% de diabétiques qui avaient un poids très faible. Et pourtant, ils étaient bien diabétiques.