En Algérie, le cancer du sein touche des femmes de plus en plus jeunes
En Algérie, le cancer du sein touche des femmes de plus en plus jeunes

Le cancer du sein gagne du terrain en Algérie

Le cancer du sein touche des femmes de plus en plus jeunes en Algérie.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

Le nombre de nouveaux cas est en progression. Quelque 14.000 cancers de sein sont diagnostiqués chaque année en Algérie, contre 12.000 il y a encore cinq ans. Selon les données du registre national, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent sur le sol algérien. Responsable d'environ 3.500 décès par an, ce cancer touche des femmes de plus en plus en jeunes. Une situation dramatique dans un pays où les malades doivent faire face à la rupture fréquente de certains médicaments contre le cancer. 

Le cancer du sein apparaît chez de nombreuses Algériennes avant l'âge de 40 ans, alors qu'il se développe le plus souvent autour de 60 ans chez les femmes occidentales. Une situation qui exige "une attention particulière et des enquêtes nationales approfondies", selon les spécialistes en cancérologie. 

Discrimination et rejet

En Algérie, la femme qui souffre d'un cancer du sein est discriminée, rejetée par les siens. Chaque année, des centaines de malades sont répudiées par leur mari à cause d'un cancer et éventuellement, une ablation du sein. Résultat, bon nombre de femmes touchées par ce cancer n'osent pas se faire dépister. Une erreur regrettable vu que le cancer du sein peut être guéri, s'il est détecté tôt. Et quand ces maladies apprennent le diagnostic, elles refusent d'en parler avec leurs maris, de peur d'être abandonnée. 

Alors que beaucoup de personnes pensent - à tort - que le cancer du sein est contagieux, la société n'arrange pas les choses. Les malades sont considérées comme des "demi-femmes", alors que la plupart d'entre elles ne peuvent même pas se permettre des opérations de chirurgie reconstructive à cause d'une longue liste d'attente dans le secteur public, ou des coûts très élevés dans le secteur privé. Comme quoi, il reste encore beaucoup à faire