Les anti-cancéreux sont introuvables en Algérie
Les anti-cancéreux sont introuvables en Algérie

Inquiétudes en Algérie autour de la pénurie de médicaments contre le cancer

En Algérie, la crise du Covid-19 a mis en lumière la pénurie de médicaments. Un problème qui concerne les malades du cancer depuis des années.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

C'est un problème de plus en plus fréquent et inquiétant à l'ère du Covid-19. De nombreux médicaments sont introuvables en Algérie. L'an dernier, le syndicat national des pharmaciens d’officines a recensé plus de 300 médicaments en rupture de stock. Parmi les produits les plus concernés : les médicaments contre les maladies du sang et les anti-cancéreux. 

C'est sur ces derniers que le chef du service d'oncologie médicale au centre Pierre et Marie Curie d’Alger (CPMC) veut attirer l'attention. "Pour ce qui est de la chimiothérapie, il y a d’énormes problèmes de disponibilité de médicaments. Que ce soit les médicaments historiques ou les médicaments innovants", avance le professeur Kamel Bouzid qui est également président de la Société algérienne d’oncologie médicale. Et il ne mâche pas ces mots : ces pénuries réduisent les chances de guérir d'un cancer.  

"On est en rupture de tout"

"Les médicaments, il n’y en a pas, on est en rupture de tout, qu’il s’agisse des médicaments classiques ou des médicaments innovants qu’on n’a pas vu depuis cinq ans", renchérit le Pr Kamel Bouzid dans les colonnes de TSA. "On avait un seul interlocuteur, maintenant on en a quatre : le ministère de la Santé, qui était notre interlocuteur, le ministère de l’Industrie pharmaceutique, le secrétariat d’État chargé de la réforme hospitalière et enfin l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS)", renchérit-il.

Pour en finir avec ces pénuries aux conséquences catastrophiques, le ministre de l'Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Lotfi Djamel Benbahmed, a donné des instructions "urgentes" afin de mettre en place de nouvelles bases règlementaires visant à encourager l'industrie locale, accélérer l'enregistrement des médicaments pouvant réduire la facture d'importation et opter pour l'utilisation de médicaments innovants.