La Guinée Equatoriale est déclarée indemne de l’onchocercose

Après plusieurs années de combat, le pays se déclare indemne de l'onchocercose (cécité des rivières), une maladie qui peut causer la cécité et le handicap et qui affecte principalement les personnes vivant dans la pauvreté.

Arnaud Ntchapda
Rédigé le , mis à jour le
L'ivermectine a permis de faire progresser sensiblement la lutte
L'ivermectine a permis de faire progresser sensiblement la lutte  —  HJBC / Shutterstock

C’est désormais un triste souvenir. La Guinée Equatoriale a éradiqué l’onchocercose, cette maladie connue aussi sous le nom de cécité des rivières. Causée par un parasite transmis par piqûre par la simulie, un petit moucheron noir qui vit notamment dans les zones fertiles près des cours d'eau, cette maladie tropicale négligée se manifeste par de violentes démangeaisons cutanées ou des cas d'épilepsie. Elle entraîne souvent la cécité. 

Après la présentation des résultats et des études épidémiologiques réalisées au cours des deux dernières années dans le pays, le ministère équato-guinéen de la Santé a annoncé que le pays est désormais indemne d’onchocercose. Pour l'heure, ce statut n'a pas encore été confirmé par le bureau africain de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais cela ne devrait pas tarder.

Le succès d'un traitement de masse

La victoire contre la cécité des rivières, une maladie des yeux et de la peau, s'explique par le traitement par l'ivermectine.  Administré par voie orale une à deux fois par an, ce médicament réduit le niveau d'infection dans le sang, en tuant les larves responsables de la maladie. Merck & Co. Inc., la société pharmaceutique qui a découvert et qui fabrique le médicament, a accepté en 1987 de le fournir gratuitement aux pays où l'onchocercose est endémique. Et depuis, plus de 60 millions d'Africains bénéficient annuellement d'un traitement de masse à l’ivermectine. 

Selon les estimations de la Banque mondiale, l’éradication de la cécité des rivières a déjà permis de prévenir 600.000 cas de cécité, et de rendre 25 millions d’hectares de terres habitables, là où la maladie était autrefois endémique. Toutefois, selon l’organisation non-gouvernementale (ONG) SightSavers International, 300.000 personnes dans le monde ont définitivement perdu la vue à cause de cette maladie, qui touche encore 18 millions de personnes. Sur ces dernières, 99 pour cent vivent en Afrique. Jusqu'à quand ?