La Côte d'Ivoire fait la guerre au moustique anophèle

Toujours durement touchée par le paludisme, la Côte d'Ivoire multiplie ses efforts pour vaincre le moustique anophèle qui peut transmettre cette terrible maladie.

Badr Kidiss
Rédigé le
Une campagne de démoustication à Odienné, en Côte d'Ivoire
Une campagne de démoustication à Odienné, en Côte d'Ivoire  —  AIP

Chaque mois, 600.000 Ivoiriens contractent le paludisme et 750 en meurent. Des chiffres macabres qui poussent les autorités à redoubler d'efforts pour en finir avec cette maladie qui est transmise à l'homme par la piqûre d'un moustique femelle, du genre Anophele. Surtout depuis l'apparition du Covid-19 sur le sol ivoirien. Car la pandémie a freiné la lutte contre le paludisme, qu'on appelle aussi malaria.

A l'ère du coronavirus, les populations sont plus réticentes à se faire dépister, malgré l'apparition des premiers symptômes, craignant d'être stigmatisés. A tel point qu'en 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait que les décès liés au paludisme pourraient être multipliés par deux en Afrique par rapport à 2018, en raison de l’apparition du Covid-19. Soit un retour au taux de mortalité observé il y a plus de vingt ans. 

Accélérer la riposte

Face à cette situation, la Côte d'Ivoire - qui a accueilli chaleureusement l'annonce de l'homologation d'un vaccin antipaludique - réalise régulièrement de nombreuses interventions de démoustication, à travers le Programme de lutte contre le paludisme (PNLP). Ces opérations de démoustication, qui interviennent quelques semaines après la distribution des moustiquaires imprégnées, consistent généralement en la destruction, physique ou chimique, des gîtes larvaires dans les ménages, les grandes retenues d’eau et rizières. Elles se concluent par l’épandage d’insecticide, sous forme de fumée, dans tous les potentiels lieux de repos des moustiques adultes. 

Mais à l'heure où le parasite responsable de la maladie résiste de plus en plus aux médicaments contre le paludisme, les autorités tentent aussi de sensibiliser les ménages sur les gestes d'hygiène pour éviter la prolifération de moustiques.