Le moustique du genre anophèle est le principal vecteur du palu
Le moustique du genre anophèle est le principal vecteur du palu

L'OMS appelle à renforcer la lutter contre le paludisme

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, les taux d’infection au paludisme et de décès dans le monde sont restés pratiquement les mêmes depuis 2015. En parallèle, les moyens débloqués pour la lutte contre la maladie restent insuffisants.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

Ça ne bouge plus ! La lutte contre le paludisme, l’une des premières causes de mortalité au monde, stagne depuis quatre ans, d'après le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). "Si rien ne change, nous progresserons plus lentement et nous allons même régresser", annonce le Dr Marcel Tanner, président du Groupe consultatif stratégique de l’OMS sur l'éradication du paludisme (SAGme). Transmis par des moustiques infectés, le paludisme est responsable de plus de 400.000 décès par an, essentiellement en Afrique. Plus inquiétant encore, 61% des personnes qui décèdent du paludisme sont des enfants de moins de cinq ans. 

Les experts mandatés par l’OMS estiment que le monde n’est pas en bonne voie pour atteindre les buts fixés pour 2030, à savoir réduire de 90 % le nombre de cas de paludisme et les taux de mortalité liés au palu. L'organisation onusienne met en cause "l’accès aux services de santé" qui reste très "difficile". C'est ainsi qu'au niveau continental, la moitié des personnes à risque dorment sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide et à peine 3% des personnes à risque bénéficient de la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations.

Il faut mettre plus de 30 milliards d'euros !

Si le vaccin actuel n'est efficace qu’à 40 %, le groupe d'experts explique qu'il est urgent d'investir massivement pour accélérer la lutte contre le paludisme. Concrètement, 34 milliards de dollars (30,7 milliards d’euros) doivent être investis jusqu’en 2030 pour avancer sur la voie de la couverture sanitaire universelle, améliorer la surveillance du paludisme et développer de nouveaux outils pour lutter contre la maladie qui a été récemment éradiquée en Algérie. 

D'après les analyses de l'OMS, la mise en œuvre à plus grande échelle des interventions actuelles contre le paludisme permettrait d’éviter deux milliards de cas et quatre millions de décès supplémentaires d’ici à 2030, à condition que 90% de la population des vingt-neuf pays les plus touchés par la maladie bénéficie de ces interventions. Une mission complexe et de longue haleine qui pourra éradiquer le paludisme. Ce qui serait l'un des plus grands succès dans le domaine de la santé publique.