Le moustique Aedes Aegypti est le principal vecteur de la dengue, chikungunya, zika et la fièvre jaune
Le moustique Aedes Aegypti est le principal vecteur de la dengue, chikungunya, zika et la fièvre jaune

Fièvre jaune, dengue, Zika... Le cauchemar des moustiques Aedes

Depuis qu'ils ont colonisé toute l'Afrique, les moustiques Aedes laissent planer une menace d'épidémie de maladies infectieuses dévastatrices comme le Chikungunya, Zika, la dengue ou encore, la fièvre jaune.

Badr Kidiss
Rédigé le , mis à jour le

Il y en a partout ! En quelques années, les moustiques Aedes - notamment le moustique-tigre (Aedes Albopictus de son nom scientifique) et son cousin, l’Aedes Aegypti - ont colonisé les 5 continents. Partis d'Asie, les premiers se sont accaparés l'Afrique, l'Amérique et gagnent du terrain en Europe.

Originaires d'Afrique, les seconds progressent en Asie et en Amérique. Et ces deux espèces d'insectes rayés ont la particularité de transmettre un tas de maladies que l'on aimerait ne pas connaître, parmi lesquelles le chikungunya, zika, la dengue ou encore, la fièvre jaune. Parmi ces quatre fléaux, seule la fièvre jaune a pu être  maîtrisée grâce un vaccin qui protège à vie. 

Un tueur résistant

Qualifiés d'"opportunistes" par les experts, les moustiques Aedes Albpictus et Aedes Aegypti ont la capacité remarquable de s’adapter aux évolutions de l’environnement, notamment celles dues aux changements climatiques. Porteurs de graves maladies infectieuses, les moustiques Aedes n’ont pas besoin de grandes réserves d’eau pour se reproduire et généralement, les femelles Aedes Albpictus et Aedes Aegypti piquent et sucent le sang dans la journée et l’après-midi.

Plus inquiétant encore, l’Aedes Aegypti a même développé au fil des années beaucoup de résistance aux insecticides, contrairement au moustique-tigre.  

Le continent est vulnérable

"Plus de 80% de la population mondiale est exposée au risque de maladies à transmission vectorielle", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Et l'Afrique est plus vulnérable que les autres régions, en raison des déplacements continus des populations et d'une urbanisation précaire en plein essor.  Les risques de grosse épidémie constituent donc une véritable menace pour tout le continent.

Les épidémies sont là pour le rappeler : des flambées de dengue ont été signalées au Burkina Faso et en Côte d'Ivoire en 2016 et 2017 et plus récemment à Mayotte. Des épidémies de fièvre jaune ont été déclarées récemment en République démocratique du Congo et au Nigéria. Et le virus Zika a été identifié à plusieurs reprises dans des pays africains, alors qu'une épidémie de chikungunya a touché le Congo-Brazzaville en début d'année. 

Moustique modifiés, moustique sans bébé !

Si la lutte contre les espèces de moustiques Aedes est extrêmement difficile, plusieurs méthodes sont testées dans différents pays. La première consiste à effectuer un lâcher massif d’insectes mâles stérilisés au rayon X, comme ici au Burkina Faso. "Lorsque les mâles stériles s’accouplent, les œufs des femelles ne sont pas viables et la population d’insectes s’éteint", explique l'OMS.

La deuxième consiste à utiliser des moustiques mâles porteurs de bactéries du genre Wolbachia, naturellement présentes chez 70% des insectes courants. Lorsque les femelles s’accouplent avec des mâles porteurs de ces bactéries qui n’infectent ni l’être humain ni les autres mammifères, les œufs n’éclosent pas, ce qui entraîne à terme la baisse de la population de moustiques. Ces techniques sont prometteuses, mais seules des actions communes de la communauté internationale pourront empêcher ces dangereux moustiques de propager différentes maladies. Et de nous pourrir la vie !